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economievia Challenges··3 min de lecture

La taxe sur les petits colis ne fait pas recette... et pénalise plus les aéroports français que Shein et Temu

Personnalités citées :Florian ColasSerge PapinKevin LefebvreAmir Reza-Tofighi
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Le contexte

Depuis mars 2023, une taxe de 2 euros sur les colis d'une valeur inférieure à 150 euros a été instaurée en France pour limiter l'afflux de produits en provenance de plateformes chinoises. Cette mesure s'inscrit dans le cadre de la loi de finances pour 2026 et vise à renforcer les contrôles douaniers.

Ce qu'il faut retenir

La taxe sur les petits colis ne génère pas les revenus escomptés, avec seulement 2,3 millions d'euros collectés par mois au lieu des 33,3 millions prévus. Les plateformes chinoises contournent la taxe en expédiant leurs colis vers des aéroports voisins, entraînant une chute de 90 % des déclarations de colis en France. Les aéroports français subissent une baisse d'activité significative, avec des licenciements envisagés. Le gouvernement maintient sa position sur cette taxe, qui sera bientôt étendue à l'échelle européenne.

Ce que ça change

L'échec de la taxe française pourrait avoir des conséquences sur le commerce international et la rentabilité des plateformes chinoises. L'harmonisation prévue au niveau européen pourrait modifier les dynamiques de marché et réduire les exportations vers l'Union européenne, ce qui pourrait finalement atteindre l'objectif initial de la mesure.

L'article complet

Source originale sur challenges.fr

Deux mois après sa mise en place, la surtaxe sur les paquets de moins de 150 euros ne fait pas recette. Et impacte fortement l’activité des aéroports français.

Cette affaire relève du cas d’école. Depuis mars, en application de la loi de finances pour 2026 , les colis d’une valeur inférieure à 150 euros entrant sur le territoire français sont soumis à une taxe de 2 euros. Le but : enrayer leur afflux en provenance des plateformes chinoises telles Shein, Temu et AliExpress. Rien qu’en 2024, ce sont près de 800 millions d’articles qui ont ainsi été livrés dans l’Hexagone, si bien que la mesure devait rapporter 400 millions d’euros par an et permettre de couvrir les frais induits par le renforcement des contrôles.

Las, deux mois plus tard, c’est la déconvenue. « La taxe affiche un rendement de l’ordre de 2,3 millions d’euros par mois (contre 33,3 millions attendus), a reconnu le directeur général des douanes, Florian Colas, devant les députés de la commission des Finances le 13 mai. Le déport de volume est de l’ordre de 90 % depuis le 1 er mars. Nous avions pour habitude d’enregistrer 500 000 déclarations de colis par jour. Aujourd’hui, il n’y en a plus que 50 000. »

Ces chiffres confirment un fait déjà constaté par les acteurs de terrain. Les plateformes chinoises contournent massivement la taxe en expédiant leurs colis dans les aéroports des pays voisins, comme la Belgique ou les Pays-Bas. Ils sont ensuite acheminés par voie terrestre aux consommateurs français. « Cette pratique est plutôt courante dans le commerce international en cas de hausses des taxes, relève Kevin Lefebvre, économiste au CEPII. Cela s’explique d’autant plus que la France est le seul pays européen à avoir instauré ce nouvel impôt. »

L’activité des aéroports tricolores est frappée de plein fouet. Le directeur de l’aéroport de Vatry (Marne), Fabrice Pauquet, a expliqué sur France Inter avoir enregistré une baisse du transport de marchandises de 75 % depuis mars et envisager des licenciements pour encaisser le coup. Tandis que ses concurrents étrangers récupèrent un surcroît d’activité… Un fiasco qui n’empêche pas le gouvernement de « maintenir sa position sur cette taxe », selon le ministre du Commerce Serge Papin .

Il faut dire que la mesure doit bientôt être étendue à l’échelle européenne. A partir de juillet, les colis d’une valeur de moins de 150 euros entrant dans l’Union seront en effet soumis à un paiement forfaitaire de 3 euros. Auxquels s’ajouteront en novembre 2 euros de frais de gestion, similaires à la taxe française, vouée à disparaître.

Une nouvelle étape qui conduit Florian Colas à relativiser l’échec du dispositif franco-français en évoquant une « situation transitoire bientôt remplacée par une taxe complètement harmonisée » . « Si la France ne l’avait pas mise en place, l’Europe ne l’aurait jamais fait », fait valoir de son côté le président de la CPME Amir Reza-Tofighi . « Avec ce nouveau cadre réglementaire, les plateformes ne seront plus aussi rentables et leurs prix devraient augmenter, anticipe Kevin Lefebvre. Ce qui devrait conduire à une baisse de leurs exportations vers l’Union européenne. » Et la taxe aura enfin rempli son premier objectif.

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Texte extrait depuis l'article original sur challenges.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur challenges.fr.

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