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Le ministre de l’Action et des Comptes publics David Amiel confirme ce vendredi matin que l’enveloppe des allègements de charges patronales n’augmentera pas au 1er juin, malgré la revalorisation du Smic de 2,41%.
Le gouvernement assume son choix malgré la colère des patrons. Invité de TF1 ce vendredi 22 mai, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel , a confirmé que l’enveloppe budgétaire des allègements de charges patronales resterait inchangée au 1 er juin, malgré la hausse automatique du Smic liée à l’inflation. Une décision vivement critiquée depuis plusieurs jours par les organisations patronales, qui dénoncent une hausse du coût du travail dans un contexte économique déjà tendu.
«Au 1er juin, le gouvernement a décidé que l’enveloppe budgétaire des allègements fiscaux n’augmentera pas» , a déclaré le ministre, justifiant ce choix par la nécessité de privilégier des «aides ciblées» et «financées» . Selon lui, augmenter ces allègements constituerait «une mesure ni ciblée, ni financée car pas prévue dans le budget» de cette année. David Amiel a toutefois assuré que «l’enveloppe des allègements fiscaux ne baissera pas» .
Cette annonce intervient alors que le Smic augmentera de 2,41% à partir du 1er juin, conséquence de la reprise de l’inflation en France, remontée à 2,2% sur un an en avril selon l’Insee. Cette revalorisation représente une hausse de 34,82 euros nets par mois pour un salarié payé au salaire minimum.
Mais du côté du patronat, la pilule a du mal à passer. Le président de la CPME, Amir Reza-Tofighi , a dénoncé jeudi sur franceinfo une «double peine» pour les entreprises. «Elles vont devoir augmenter leurs salariés par rapport à la hausse du Smic, ce qui est normal, mais en plus elles vont devoir payer plus de charges à côté» , a-t-il regretté. Selon lui, le gel des allègements représenterait entre «1,5 et 2 milliards d’euros qui vont être pris sur le travail» .
Le dirigeant patronal affirme que cette mesure risque de peser directement sur les rémunérations et l’emploi. «Ce que je dis c’est soit on augmente les salaires, soit on augmente les charges patronales. Mais penser qu’on peut augmenter les salaires et les charges patronales c’est ne pas comprendre comment fonctionne un modèle économique» , a-t-il insisté. Même inquiétude du côté d’ Alexandre Bompard . Le PDG de Carrefour a estimé jeudi que supprimer ou limiter les allègements de charges dans «un moment d’incertitude» pourrait conduire les entreprises à «différer ou renoncer aux offres d’emploi» .
Le débat autour des salaires monte également du côté des syndicats. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon , a réclamé la semaine dernière la réouverture des négociations salariales dans les branches professionnelles. Elle a appelé à «responsabiliser les employeurs» , estimant que «certaines entreprises vont très bien» , alors que plusieurs secteurs affichent encore des grilles salariales démarrant sous le Smic.
Le gouvernement, lui, défend la nécessité de préserver les finances publiques dans un contexte international dégradé. David Amiel a notamment évoqué le coût croissant du conflit au Moyen-Orient et la situation dans le détroit d’Ormuz. Selon le ministre, reprenant les déclarations de Sébastien Lecornu faites cette semaine , le coût de cette guerre «sera très certainement davantage que 6 milliards d’euros» , soit l’estimation initiale du gouvernement.
