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autrevia RFI — France··3 min de lecture

Mayotte en restriction hydrique, entre manque de précipitations et manque d'infrastructures

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Le contexte

Mayotte, un département français d'outre-mer, fait face à une crise hydrique exacerbée par des infrastructures insuffisantes et un manque de précipitations. Les habitants subissent des coupures d'eau fréquentes, ce qui soulève des préoccupations sur la gestion de l'eau et la santé publique.

Ce qu'il faut retenir

À Mayotte, les restrictions d'eau vont s'intensifier à partir de juillet en raison d'un manque de précipitations et d'infrastructures inadéquates. Les habitants n'ont accès à l'eau qu'un jour sur deux, et des plaintes ont été déposées contre la Société mahoraise des eaux pour rupture de service. L'État prévoit d'investir 730 millions d'euros pour améliorer la situation, notamment avec la construction d'une usine de dessalement d'ici 2027.

Ce que ça change

Cette situation met en lumière les défis structurels auxquels Mayotte est confrontée en matière de gestion de l'eau. Les investissements prévus pourraient améliorer l'accès à l'eau potable, mais la crise actuelle soulève des questions sur la responsabilité des autorités et la nécessité d'une meilleure infrastructure pour prévenir de futures crises.

L'article complet

Source originale sur rfi.fr

À Mayotte, alors que l'eau coule un jour sur deux au robinet à cause des manques d'infrastructures, les habitants vont connaître de nouvelles restrictions à partir de juillet. En cause, le manque de précipitations lors de la saison des pluies qui vient de s'achever. Ce nouveau durcissement fait craindre le même scénario qu'en 2023 où, au pire de la crise, la population n’avait accès à l'eau que 18 heures tous les trois jours.

Comme chez tous les Mahorais, dans la salle de bain de Chadhouli Youssouf, on trouve une grosse cuve d'eau en plastique. Ici, celle-ci peut contenir jusqu'à 300 litres. Cet habitant du nord de Mayotte l'a remplie dès qu'il y a de l'eau au robinet, pour pouvoir avoir des stocks lors des coupures qui ont lieu un jour sur deux : « 300 litres, c'est pour se doucher, aller aux toilettes. On n'en fait pas le linge, on le laisse de côté jusqu'aux jours où l'on aura de l'eau. »

Un planning des « tours d'eau », comme on les appelle ici, est mis en place par la Société mahoraise des eaux (SMAE), une filiale de Vinci délégataire du marché public de l'eau. Mais régulièrement, il n'est pas respecté. Le 1er avril, Chadhouli Youssouf, excédé par ces coupures, a décidé de se doucher au siège de la SMAE tout en se filmant sur sa page Facebook. « Quand je suis allé me doucher chez eux, c'était à cause de ce ras-le-bol, pour leur dire : "Voilà ce que nous vivons, on ne peut pas se doucher chez nous." Cela faisait déjà plus de quatre jours qu'on n'avait pas d'eau. On n'avait pas d'informations, on ne savait même pas ce qui se passait. C'est ce mépris aussi. Maintenant moi, je le dis, je n'accepte plus cela en 2026 », clame-t-il.

Cette année, le manque de pluie « n'a pas permis la recharge complète des ressources ». C'est ce qu'a souligné début mai le comité de suivi de la ressource en eau, qui réunit l'État et les acteurs de la gouvernance de l'eau. Pour tenir jusqu'à la fin de l'année, les restrictions doivent donc être durcies. « Si on regarde l'état actuel, on est en pleine crise qui va s'amplifier avec les aléas climatiques. Mais à la base, c'est une crise structurelle de manque d'infrastructures qui ne permet pas de produire l'eau nécessaire aux besoins de la population », explique Mohamed Issouf, le directeur général de l'Office de l'eau, qui fait partie de ce comité.

Alors que la saison des pluies vient de s'achever, la retenue collinaire de Dzoumogné, la plus importante de l'archipel, n'est pleine qu'à 70%. Pour y mettre fin, l'État investit 730 millions d'euros, ce qui prévoit la livraison d'une usine de dessalement d'ici fin 2027. L'objectif est de produire 10 000 mètres cubes d'eau supplémentaires par jour. Ces investissements permettent aussi la réalisation de nouveaux forages.

« Nous sommes un collectif de 90 personnes morales et physiques. Nous portons plainte contre les dysfonctionnements sur la distribution de l'eau, contre la rupture de la continuité du service public de distribution de l'eau. J'ai vu une personne qui a une facture de 11 000€ », déclare Saïd Kambi, le porte-parole. Les impayés des abonnés refusant de payer leur facture ont atteint 37 millions d'euros, selon une information du Monde . Le collectif pointe aussi du doigt le fait que l'eau est souvent impropre à la consommation. Pour boire, les habitants doivent donc acheter des bouteilles ou investir dans des filtres : « Aujourd'hui, l'eau n'est pas consommable, il faut la chauffer. Et parfois, il ne faut pas seulement chauffer, il faut encore la filtrer.

En effet, pendant les coupures d'eau, des bactéries peuvent s'infiltrer dans les canalisations. L'Agence régionale de santé déconseille de la boire dans les 12 heures qui suivent son retour au robinet. Ce manque d'eau potable a par ailleurs contribué à l' épidémie de choléra en 2024 .

Texte extrait depuis l'article original sur rfi.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur rfi.fr.

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