Le ministère de la Justice a déposé plainte, ce vendredi 5 juin, après des menaces contre la procureure d’Auch, pointée pour de supposés manquements dans l’affaire de la mort de Lyhanna, 11 ans . Selon les informations de franceinfo , le ministère a déposé plainte auprès de la procureure de la République de Paris et du pôle national de lutte contre la haine en ligne.
Clémence Meyer a notamment été visée par des menaces de morts sur les réseaux sociaux. Il lui est reproché le traitement pénal du principal suspect dans la disparition de la jeune fille, qui avait déjà fait l’objet d’au moins trois plaintes sans jamais avoir été ni entendu, ni placé en garde à vue.
Jérôme B. a notamment été visé par une première plainte pour viol sur mineur pour des faits présumés en 2020. La plainte a été transmise au parquet d’Auch en janvier 2024, puis classée sans suite quatre mois plus tard. En août 2025, une deuxième plainte toujours pour viols sur mineure est déposée, dénonçant des faits commis entre septembre 2024 et mai 2025. Le parquet de Toulouse s’en dessaisi au profit de celui d’Auch et le 9 janvier 2026. « Cette enquête était en cours au moment de la disparition de Lyhanna » , a affirmé la procureure.
Pourtant, quelques jours après son arrivée au ministère de la Justice, Gérald Darmanin avait adressé une circulaire à l’ensemble des chefs de juridictions et de parquets qui faisait comme deuxième priorité - après le narcotrafic - la « lutte contre les violences faites aux personnes » . Selon une source gouvernementale, cette circulaire pénale priorisant les enfants victimes n’a pas été « appliquée par la procureure d’Auch » dans le traitement de plaintes visant Jérôme B.
« Il est nécessaire de poursuivre votre mobilisation concernant les faits commis au préjudice des enfants : les violences physiques ou sexuelles doivent faire l’objet d’une vigilance particulière et d’un traitement prioritaire » , stipule notamment cette circulaire pénale, signée par le garde des Sceaux et diffusée en janvier 2025. « L’attention portée aux victimes doit constituer une préoccupation de tous les instants à tous les stades de la procédure pénale » , poursuit le document.
« On met plusieurs semaines à désigner un magistrat, un service enquêteur… pour un crime sur enfant ! » , s’étonne un familier du ministre, qui déplore que le dossier ait été traité « comme pour un simple vol » . « On se pose la question de savoir si les circulaires sont lues et appliquées » , a soupiré une source à la Chancellerie. Emmanuel Macron a pris la parole et a dénoncé un « dysfonctionnement inacceptable ».
Bien que la Chancellerie affirme qu’il n’existe pas de problème de moyen au tribunal d’Auch, les magistrats et députés ont plusieurs fois tiré la sonnette d’alarme, depuis plusieurs mois, au sujet des sous-effectifs.
Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a par ailleurs fait savoir qu’il proposerait des sanctions contre des magistrats si des carences étaient mises en évidence dans le traitement pénal du principal suspect.
