« Je veux présenter mes excuses à cette famille et aux Français qui sont légitimement choqués, terrifiés de voir de telles défaillances » , a avancé Gérald Darmanin reconnaissant l’échec de la justice dans le traitement des plaintes contre le principal suspect dans la mort de Lyhanna, 11 ans. Le corps de la fillette a été retrouvé ce jeudi 4 juin au soir, après près d’une semaine de recherches dans le Gers.
« Nous avons failli » , a reconnu le ministre de la Justice au 20 heures de TF1. L’homme suspecté d’avoir enlevé et séquestré la fillette avait déjà fait l’objet de plusieurs plaintes par le passé, notamment pour viol sur mineure. Il n’avait pourtant jamais été ni entendu, ni placé en garde à vue.
« L’institution judiciaire n’a pas su protéger » Lyhanna, a déploré Gérald Darmanin. « Je m’en veux personnellement, parce que je suis père de famille (...) Moi je suis furieux de cette situation » , a-t-il souligné.
Revenant sur la plainte pour viol déposée en août 2025 par la mère d’une fillette de 11 ans, il rappelle : « Il y a des constats médicaux, il y a un psychologue qui affirme que cet enfant n’affabule pas, il y a le nom… » Un examen médico-légal avait effectivement corroboré les déclarations de la petite fille, attestant notamment de lésions anales, confirme le ministre. Et de poursuivre : « Je ne sais pas comment c’est possible. »
Il rappelle : « A trois reprises j’ai demandé aux parquets de mettre en priorité absolue les plaintes qui concernent les femmes qui sont en danger et les enfants. Il y a encore trois semaines, j’ai pris une circulaire spécifique pour qu’on mette les violences faites aux enfants tout en haut de la pile. »
« Nous ne faisons pas encore assez pour écouter et pour entendre » les enfants, a reconnu le garde des sceaux, assurant qu’il mobilisera « l’ensemble des services de l’État pour que la parole des enfants soit entendue ». Il a toutefois rejeté le manque de moyens comme responsable des défaillances, tout comme le président de la République l’avait fait plus tôt dans la journée.
« Si jamais les intuitions qui sont les miennes - et de ce que je peux en lire dans la presse et dans la remontée de mes services - sont avérées, je proposerai évidemment des sanctions » pour « des défaillances, des fautes professionnelles » , a confirmé le garde des Sceaux, alors qu’une enquête est en cours. Il a demandé à ce que les conclusions soient rendues dans les 15 jours à venir et assuré qu’elles seront rendues publiques.
