Depuis plusieurs semaines, Andréa Bescond multiplie les prises de parole publiques sur les violences faites aux enfants. Après avoir interpellé Gérald Darmanin sur la réforme de l’aide sociale à l’enfance puis participé à la mobilisation autour de l’affaire Lyhanna, l’actrice et réalisatrice veut désormais franchir une nouvelle étape.
Lors du rassemblement désormais hebdomadaire devant le Palais de Justice de Paris ce lundi 15 juin, elle a lancé un appel à une grève générale nationale le 7 septembre prochain, destinée aux victimes de violences sexuelles mais aussi à toutes les personnes souhaitant soutenir leur combat.
« Je lance un appel à une grève générale nationale le lundi 7 septembre, concernant toutes les victimes de violences sexuelles et toutes les personnes qui ont envie de se joindre à notre combat puisque nous témoignons pour que les choses changent » , déclare-t-elle dans une vidéo diffusée par l’agence CL Press sur son compte Instagram.
Pour Andréa Bescond, cette mobilisation doit permettre de faire entendre une parole qu’elle estime encore insuffisamment prise en compte.
« Nous témoignons pour que ça n’arrive pas à nos enfants, pour que ça n’arrive pas aux autres générations » , explique-t-elle. « Donc il va falloir nous entendre. »
L’actrice appelle ainsi les victimes à se mobiliser massivement à la rentrée. « Lundi 7 septembre, grève générale nationale de toutes les victimes de violences sexuelles. On est des millions » , affirme-t-elle.
Une manière de rappeler l’ampleur d’un phénomène qu’elle dénonce depuis de nombreuses années à travers ses interventions publiques, mais aussi son spectacle et son film Les Chatouilles, inspirés des violences sexuelles qu’elle a subies durant son enfance.
« J’ai été violée à 9 ans » , rappelle-t-elle, avant d’évoquer les conséquences durables que peuvent entraîner ces violences. « Je sais ce que ça coûte d’être victime de violences sexuelles. Je sais ce que c’est que de mal dormir, d’avoir des addictions, de passer des années en thérapie à comprendre pourquoi on se déteste. » L’actrice explique vouloir se battre pour éviter que d’autres enfants connaissent le même parcours. « Je ne souhaite ça à personne » , insiste-t-elle.
Au-delà de l’appel à la mobilisation, Andréa Bescond réclame que trois milliards d’euros soient investis chaque année dans la lutte contre les violences sexuelles et les violences en général. « Là, on demande à dégager trois milliards d’euros chaque année pour lutter contre les violences sexuelles et les violences en règle générale » , explique-t-elle. Avant d’ajouter : « Mais vous savez ce que ça coûte à l’État ? Chaque année, ça coûte dix milliards d’euros. »
Cette nouvelle mobilisation s’inscrit dans la continuité du combat mené depuis plusieurs années par l’artiste, devenue l’une des voix les plus visibles de la lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants en France.
