Interrogé par l’opposition sur le changement de destination de la maison prévue pour les associations, le maire a indiqué que les médecins étaient très enthousiastes à l’idée d’en faire une maison de santé
Inaugurée à la hâte, encore en chantier, par le précédent maire, Emmanuel Hanon, la maison des associations devait ouvrir ses portes le 1er avril. « Cela n’aurait de toute façon pas été prêt à cette date », indique le nouveau maire, ce mercredi 27 mai, en conseil municipal. Benjamin Moutet a en effet été interrogé par Jeanne Lamazère, ancienne adjointe...
Inaugurée à la hâte, encore en chantier, par le précédent maire, Emmanuel Hanon, la maison des associations devait ouvrir ses portes le 1er avril. « Cela n’aurait de toute façon pas été prêt à cette date », indique le nouveau maire, ce mercredi 27 mai, en conseil municipal. Benjamin Moutet a en effet été interrogé par Jeanne Lamazère, ancienne adjointe à la jeunesse, quant aux raisons qui ont motivé sa décision de surseoir à l’ouverture de l’équipement .
Et l’ex-adjointe d’Emmanuel Hanon de souligner l’incohérence de Benjamin Moutet qui, dans le relevé des décisions du maire du conseil municipal, indique la tarification des services de la Maison des associations, alors qu’il ne l’ouvre pas. Le document révèle qu’il s’agit d’une décision signée le 12 mars, par Emmanuel Hanon.
Sur le fond, le nouveau maire réexplique ce qu’il soupçonnait déjà durant la campagne. À plusieurs reprises, en février et mars, Benjamin Moutet dit avoir cherché à savoir à qui étaient destinés ces 1 000 m² d’équipement. Le plus gros investissement de la mandature précédente à 1,5 million d’euros, dont un tiers pour la commune. Sa demande à l’ancien maire, avant l’élection, est restée lettre morte.
« Dès notre élection, j’ai demandé le tableau Excel des associations prévues dans la maison », rembobine Benjamin Moutet. Aucun document d’occupation des locaux n’avait été réalisé. L’édile l’a alors fait établir par un appel aux 136 associations de la ville afin de connaître leurs besoins en locaux. « Les 1 000 m² ne sont absolument pas remplis », indique-t-il.
Face à la désertification médicale d’Orthez actuelle, menacée par trois futurs départs en retraite de généralistes, Benjamin Moutet veut ainsi se donner du temps afin d’étudier la pertinence d’héberger une maison de santé dans le bâtiment de la rue Lapeyrère. Quatre réunions ont ainsi déjà été organisées avec les médecins généralistes d’Orthez afin d’aborder le déficit d’attractivité de la ville pour de jeunes médecins.
« Ils trouvent que c’est un outil magnifique et que cela peut résoudre leur problématique immobilière », confie Benjamin Moutet témoignant de l’enthousiasme des médecins. La municipalité se donne jusqu’à fin juin pour affiner son étude et prendre une décision d’affectation des locaux. « Aujourd’hui, il n’y a pas une seule association sans local. Et nous accompagnerons celles qui auront besoin d’une solution de remplacement », assure-t-il.
Et le maire d’indiquer que l’éventuel hébergement d’une maison de santé dans ce bâtiment entraînera de nouveaux aménagements, tel qu’un parking et de la climatisation notamment, et donc un nouvel investissement.
Mais son occupation par des professionnels de santé générera des loyers qui pourraient couvrir ces nouvelles dépenses. « Nous devons chiffrer précisément ce surcoût d’ici l’été. S’il est d’un million d’euros, sans doute qu’on ne le fera pas », précise-t-il.
Enfin, le changement de destination du bâtiment, dont les travaux ont été subventionnés par l’État et l’Europe, pourrait compromettre ces attributions. « Le principal souci concerne la subvention de l’Europe de 150 000 euros que nous n’avons pas encore touchée », précise le maire.
Sans afficher d’assurance de la part du préfet « conscient des problématiques sanitaires », le maire se dit en revanche confiant sur l’enveloppe de 196 000 euros de l’État.
