La leçon d’Alain Lancelot, à Sciences Po, est entrée dans les mémoires. "Le seul vrai avantage de la démocratie, disait le politologue, c’est l’alternance." Incontestable, imparable. Aujourd’hui, lourd de conséquences. "Oui, j'ai décidé d'être candidat à la présidence de la République" : dans un propos retransmis sur toutes les chaînes d'infos, Gabriel Attal est venu ce vendredi 22 mai rejoindre la liste des prétendants à l’Elysée au sein de ce bloc central qui n’a jamais aussi mal porté son nom : il n’a rien d’un bloc, il est de moins en moins central. Et l’alternance ne passe pas par lui.
Or en face, voire devant, les deux extrêmes sont là, soudés, puissants, menaçants : Marine Le Pen et Jordan Bardella semblent portés par une vague qui se soucie peu de connaître le nom du candidat, Jean-Luc Mélenchon use d’une stratégie dénuée de tout scrupule républicain mais efficace électoralement pour installer sa campagne sur des bases solides. La colère gronde, elle est rarement bonne conseillère, notamment dans l’isoloir ; le danger ne se dissimule même pas.
