Le président du parti Place publique, Raphaël Glucksmann, a appelé ce 13 juin la gauche à proposer une « alternative crédible » en 2027 lors de son premier meeting d'ampleur à Aubervilliers avant l'élection présidentielle de l'an prochain.
Plus de 4 000 personnes étaient présentes au meeting, selon les organisateurs. « Nous allons défier les pronostics, ramener la gauche au pouvoir », a lancé le député européen devant plusieurs milliers de personnes réunies aux docks d'Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, dans la banlieue nord de Paris.
« Le RN n'a pas encore triomphé. Les Français ne choisiront pas cinq années de plus de Macron et nous, nous allons nous rassembler pour gagner en 2027 (...) Les Français ne veulent pas non plus de Jean-Luc Mélenchon à l'Élysée », a-t-il déclaré devant un décor où l'on pouvait lire « gagner en 2027 ». « C'est à notre gauche de proposer une alternative crédible », a ajouté Raphaël Glucksmann, s'adressant aussi aux « militants socialistes » pour surmonter les divisions actuelles de la gauche française.
Hostile à l'organisation d'une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann n'est pas encore officiellement candidat à la présidentielle de l'an prochain et prendra sa décision de se présenter ou non d'ici trois mois.
La « mission sacrée » du prochain président sera de « redonner à la France sa souveraineté et sa liberté », a-t-il poursuivi, plaidant pour un état d'urgence industriel pour « tous les secteurs menacés par la Chine ». « Nous ferons de la République française une république écologique, c'est-à-dire libre », a-t-il ajouté.
« Notre ennemi a un visage et il a un nom. Il en a même plusieurs. Il s'appelle Elon Musk (le propriétaire de X), Sam Altman (le patron d'OpenAI), Zhang Yiming (cofondateur de ByteDance) », a-t-il lancé, comme en écho au célèbre « mon adversaire (...) il n'a pas de nom, pas de visage (...) c'est le monde de la finance », formulé par l'ancien président François Hollande en 2012.
Cet ennemi « fait de nos vies la matière première de son expansion sans limites », a-t-il déploré, et « ses algorithmes asservissent nos consciences et ébranlent nos démocraties. Ils bousillent le cerveau de nos enfants et nos dirigeants ».
« Face à cette oligarchie mondiale, nous résisterons. Nous nous attaquerons au cœur du business model de ces plateformes en interdisant la publicité ciblée », a-t-il notamment promis. « Nous ne laisserons pas cette nouvelle oligarchie prendre possession de nos vies et soumettre nos nations », a-t-il ajouté, estimant qu'il s'agissait du « grand combat anticapitaliste de notre époque » et du « combat central de la gauche française et européenne ».
« Notre obsession sera de bâtir la souveraineté technologique et numérique de la France et des Français, de l'Europe et des Européens », a ajouté l'eurodéputé. Et pour « ne pas rater le coche de l'IA sous peine de disparaître », il a aussi promis la planification d'investissements « massifs, publics et privés pour une IA souveraine, dont l'intégration dans la vie sociale et économique sera pilotée, encadrée, gérée avec la puissance publique ».
Plusieurs candidats à la présidentielle ont mis en avant samedi la nécessité pour les Français et les Européens d'être souverains sur le plan numérique, après la décision de Washington de suspendre l'accès de « tout ressortissant étranger » aux modèles les plus puissants du fleuron américain de l'intelligence artificielle Anthropic.
Parmi les autres thèmes évoqués lors de son meeting, Raphaël Glucksmann a mis en garde contre de possibles ingérences pendant la prochaine campagne. « L'élection de 2027 ne se déroulera pas sans ingérence brutale. Des campagnes d'une violence inédite viseront à discréditer les candidats proeuropéens et à favoriser les forces pro-russes, au premier rang desquelles l'extrême droite », a-t-il déclaré.
Vladimir Poutine peut obtenir politiquement, chez nous, en France, ce que la résistance ukrainienne lui refuse militairement. En Ukraine, il peut obtenir la bascule de l'Europe en faisant basculer la France. Alors il ne reculera devant rien. Ce sera sale, il y aura des fake news partout. Cette élection ne ressemblera à aucune autre.
Raphaël Glucksmann, président de Place publique
