Des dirigeants ou représentants des entreprises de la Nouvelle-Aquitaine : Ubisoft Bordeaux, Cdiscount, Upsa France, Top Tex, Cheops Technology, Bordeaux Négoce ont pu dire au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères leurs attentes et préoccupations. Récapitulatif
À l’invitation de « Sud Ouest », six dirigeants d’entreprises, dont les activités sont liées pour l’essentiel à l’export et/ou dépendent des tensions géopolitiques actuelles, ont répondu présent pour échanger avec le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, de passage dans les locaux du siège social du quotidien. Chacun avait une bonne raison d’interpeller le ministre.
« La France, c’est 200 millions d’euros de chiffre d’affaires sur les 511 que réalise annuellement Upsa », explique Laure Lechertier, directrice des affaires internes et externes et du développement durable au sein du laboratoire. « Nous sommes donc très sensibles à l’évolution des relations que la France entretient avec le reste du monde », explique la représentante de ce groupe pharmaceutique qui emploie 1 600 personnes sur deux sites de production et de distribution tout près d’Agen, en Lot-et-Garonne.
À ses côtés, Julien Mayeux représentait l’éditeur de jeux vidéo Ubisoft, qui mobilise 370 personnes à Bordeaux. « Nous réalisons 5 % de notre chiffre d’affaires en France. Nous sommes sur un marché mondial. La situation géopolitique actuelle, l’inflation générale nous affecte jusqu’à Bordeaux : le prix du carburant freine le retour des collaborateurs au bureau ! »
Pour Thomas Métivier, PDG de Cdiscount (2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires 2025), qui compte 2 000 salariés, majoritairement en Gironde et à Bordeaux, « la rencontre était l’occasion de rappeler que, plus que la taxe petits colis, nous devrions réfléchir à des interdictions de publicité, des pénalités pour pratiques anticoncurrentielles, pour freiner les plates-formes chinoises… qui continuent actuellement à gagner du terrain. »
Laurent Marti n’a pas répondu présent en tant que président de l’Union Bordeaux-Bègles Rugby, double champion d’Europe, mais en tant que dirigeant de Top Tex (groupe Kariban), société qui distribue 40 marques de vêtements et accessoires promotionnels et emploie environ 150 personnes pour 130 millions de chiffre d’affaires. « L’essentiel de notre production est réalisé à l’international, il est important pour nous de tenter d’analyser la crise actuelle, sa durée, son impact durable ou non sur nos coûts de transport », glissait-il.
Avant la rencontre, Philippe Tapie, président des négociants de Bordeaux et dirigeant de la société HMS, soulignait que « la filière vin fait 50 % de son chiffre d’affaires à l’international, alors nous sommes au cœur de la diplomatie ». « À chaque fois que les États-Unis ou la Chine veulent ‘‘punir’’ la France ou l’Europe, poursuivait-il, ils prennent en otage les vins français via les taxes, les quotas… »
Pas question pour Nicolas Leroy-Fleuriot, PDG de Cheops Technology, société basée à Canéjan, en Gironde, et spécialisée dans le cloud computing, les data centers et la cybersécurité, de « parler technologie avec le ministre ». Le dirigeant comptait surtout lui rappeler qu’il « attend des échéances électorales qu’elles fassent émerger des profils capables de réduire la dette de la France, qui plombe notre économie ».
