Pour l’Arcom , les calculs ne sont pas bons. Ce jeudi 11 juin, le gendarme de l’audiovisuel a rendu public sa décision de mise en demeure de Radio France , à qui le gendarme de l’audiovisuel reproche de ne pas avoir respecté ses obligations en matière de pluralisme politique au cours du premier trimestre 2026.
Sur la base de relevés des temps d’intervention des personnalités politiques à l’antenne sur France Inter et franceinfo entre le 1er janvier et le 31 mars, l’Arcom estime que les représentants du Rassemblement national ont été majoritairement entendus la nuit, traduisant ainsi une sous-représentation du parti le jour.
Dans le détail, il est précisé que près de 60 % de son temps de parole a été diffusé entre minuit et 5 h 59 sur France Inter. Il dépasse 70 % sur franceinfo. À l’inverse, les membres du parti d’extrême droite ont « été sous-représentés au sein des programmes diffusés en journée, entre 6 heures et 23 heures 59, avec des proportions d’environ 9 % de l’ensemble des interventions politiques sur France Inter, et 9,5 % sur franceinfo ».
Sur le plan juridique, la mise en demeure rappelle à Radio France la nécessité de se conformer « à l’avenir » au respect du principe de pluralisme dans ses programmes. Un constat qui avait déjà donné lieu en 2025 et 2026 à un rappel du groupe à ses obligations, précise l’autorité de régulation.
De son côté, Radio France a expliqué avoir changé en janvier de logiciel pour comptabiliser les temps de parole et que celui-ci ne distinguait pas jour et nuit. « L’erreur est corrigée » , a indiqué un porte-parole.
Plusieurs mois en arrière, c’est exactement le même reproche qui avait été fait à CNews à l’égard de la gauche, sous-représentée à l’antenne le jour, selon RSF. Un potentiel contournement des règles du pluralisme politique que l’Arcom disait ne pas avoir constaté. « Et s’il y en avait eu, nous l’aurions identifié », avait-elle tranché.
De son côté, RSF avait déploré les « dénégations de l’Arcom » relatives à son enquête dans un communiqué transmis à l’AFP, et assuré maintenir « tous ses chiffres et ses conclusions » , tandis que le gendarme de l’audiovisuel avait estimé qu’il y avait eu une « surreprésentation » de LFI ou du PS « de nuit comme de jour » sur la période en question.
