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economievia Sud Ouest··3 min de lecture

Textile : la filière de collecte en crise, Le Relais supprime 60 emplois et plus de 4 000 bornes

Personnalités citées :Mathieu Lefèvre
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Le contexte

Le secteur de la collecte textile en France fait face à une crise économique due à la surconsommation de vêtements et à la baisse de qualité des textiles collectés. Le Relais, un acteur majeur de ce secteur, a annoncé des suppressions d'emplois et la fermeture de conteneurs de collecte. Le gouvernement travaille sur une réforme pour améliorer la situation de cette filière.

Ce qu'il faut retenir

Le Relais a annoncé la suppression de 60 emplois et la fermeture de près de 4 300 conteneurs de collecte de textiles. Cette décision est due à une dégradation de l'équilibre économique de la filière textile, exacerbée par la guerre au Moyen-Orient et la surconsommation de vêtements. Le gouvernement prévoit une réforme pour développer une 'mode circulaire' qui pourrait générer un chiffre d'affaires significatif d'ici 2030.

Ce que ça change

Cette situation met en lumière les défis auxquels est confrontée la filière de collecte textile en France. Les réformes envisagées par le gouvernement pourraient transformer le secteur et créer de nouveaux emplois, mais la crise actuelle souligne l'urgence d'une action pour soutenir les acteurs de l'économie sociale et solidaire.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Face à la dégradation de son modèle économique, le secteur de la collecte textile réduit la voilure en fermant des milliers de conteneurs et en supprimant des postes

Trop de vêtements, de trop mauvaise qualité et pas assez de débouchés : la filière qui gère ces déchets, asphyxiée, supprime emplois et bornes de collecte, alors que le gouvernement multiplie les annonces pour réformer le secteur.

Mardi, Le Relais, acteur majeur du secteur, a annoncé la suppression de 60 emplois en insertion et la réduction de sa collecte de textiles, linge de maison et chaussures à hauteur de 15 000 tonnes. Cette mesure s’accompagne de la fermeture de près de 4 300 conteneurs, sur les 20 500 aujourd’hui installés dans toute la France. Ce membre d’Emmaüs France a pris cette décision drastique car il est confronté depuis des années à « une dégradation devenue insoutenable de l’équilibre économique de la filière textile », dénonce-t-il dans un communiqué. Pilier de l’économie sociale et solidaire en France, il assure 40 % de la collecte et emploie 2 053 personnes, dont 656 en insertion.

En plus de l’impact de la guerre au Moyen-Orient, qui a renchéri le carburant et le transport maritime, Le Relais est victime, comme Emmaüs, La Croix-Rouge ou le Secours catholique, de changements brutaux dans l’univers du textile qui assèchent son modèle économique.

Depuis plusieurs années, la surconsommation de vêtements, en augmentation constante, aboutit à des volumes colossaux de produits neufs mis sur le marché (3,5 milliards de pièces en France en 2024), qui finiront en déchets dans un temps plus ou moins long. Avant que la filière ne traverse cette crise sans précédent, les acteurs de collecte et de tri textile se finançaient en récupérant les vêtements et chaussures en bon état qu’ils pouvaient revendre dans leurs magasins ou exporter à l’étranger.

Mais plusieurs facteurs sont venus contrarier ce fonctionnement, par ailleurs assez décrié lorsqu’il s’agissait d’exporter en Afrique des habits de basse qualité qui pouvaient se retrouver dans des décharges à ciel ouvert. D’une part, la qualité de ce que récupèrent ces acteurs de l’économie sociale et solidaire baisse. L’essor de la mode éphémère encombre les bornes de textiles de mauvaise facture, inutilisable, tandis que la revente des vêtements en bon état sur des plateformes type Vinted dépouillent ces associations de la « crème », c’est-à-dire les articles en bon état.

En 2014, Emmaüs pouvait valoriser 64 % de ces textiles, contre 56 % dix ans plus tard. « Certains flux coûtent environ 250 euros par tonne à collecter alors que leur valorisation peut descendre autour de 150 euros par tonne », constate Le Relais de son côté. Enfin, le système, qui repose majoritairement sur l’export de ces déchets, s’est enrayé, les marchés d’export comme l’Afrique étant saturés par les vêtements à bas prix importés de Chine, d’occasion ou neufs.

Cette annonce du Relais intervient alors que le gouvernement travaille, en concertation avec les acteurs du secteur, à une réforme de la filière. La « mode circulaire », qui permet de valoriser textiles et chaussures usagés, pourrait générer un chiffre d’affaires de « plus de 30 milliards d’euros d’ici 2030 », avait déclaré la semaine dernière le ministre délégué à la Transition écologique. Mathieu Lefèvre y voit un véritable « levier de compétitivité » pour la France, avec plus de 88 000 emplois « possibles grâce à l’activation de cette filière économique ».

En 2007, la France a mis en place une filière dite à responsabilité élargie du producteur qui, sur le principe du « pollueur-payeur », permet de collecter une éco-contribution financière auprès de chaque marque qui commercialise ce type de produits. Cette collecte a été confiée à l’éco-organisme Refashion qui compte sur un budget d’1,2 milliard d’euros sur la période 2023-2028. Cette manne doit financer la collecte, le recyclage, la réparation ou le réemploi des textiles usagés. Le gouvernement a annoncé en avril souhaiter flécher une partie substantielle de ces contributions financières vers la structuration d’une filière industrielle du recyclage textile. « Malgré cette situation extrêmement difficile, Le Relais reste convaincu que le développement d’une filière textile durable, solidaire et circulaire demeure possible », croit également l’acteur phare de l’économie sociale et solidaire.

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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