L’i ntelligence artificielle s ’immisce partout, jusque dans la fonction publique. Le gouvernement va généraliser l’utilisation d’un agent conversationnel utilisant l’ IA pour environ un million d’agents de la fonction publique de l’État, a annoncé ce mardi 16 juin le cabinet du ministre de l’Action et des Comptes publics.
Cet outil nommé « l’Assistant », alimenté par les modèles de la start-up d’IA Mistral, est destiné à assister les agents dans leurs tâches quotidiennes. Il est notamment censé fluidifier la gestion de certaines procédures judiciaires, assister les enseignants-chercheurs dans le cadre de leurs appels à projets, tout en limitant le recours à des outils « clandestins » , jugés plus risqués.
« C’est l’équivalent de ChatGPT mais en version souveraine, sécurisée, pour pouvoir faire de la recherche documentaire, de la synthèse, de l’analyse, des résumés » , a détaillé mardi le ministre de l’Action et des Comptes publics David Amiel sur France 2. Le coût de cette généralisation est estimé à 70000 euros, incluant notamment l’accès aux modèles de Mistral, a précisé le cabinet.
En parallèle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, ce mardi 16 juin, un investissement supplémentaire de la France de 665 millions d’euros dans le développement de l’IA, qui iront « soutenir les infrastructures, les capacités de calcul, la recherche, les entreprises et les filières industrielles » , a-t-il détaillé.
Avec l’IA, « notre responsabilité est simple : faire en sorte que cette révolution profite aux Français » , « protège notre souveraineté » et « renforce nos services publics » , a-t-il déclaré dans une vidéo diffusée sur ses réseaux sociaux, à la veille de l’ouverture à Paris du salon VivaTech dédié aux nouvelles technologies. Après le « temps des expérimentations » , « le temps de la généralisation commence » , « parce qu’on ne peut pas se reposer sur les outils développés par des puissances étrangères » et que « les données de l’État sont notre richesse et doivent rester protégées » , a-t-il complété.
Dans ce cadre-là, Sébastien Lecornu a annoncé que le renseignement intérieur français (DGSI) avait décidé de rompre avec le géant américain de l’analyse de données Palantir, dont le cofondateur Peter Thiel est proche du président américain Donald Trump. La DGSI a finalement « retenu » la société française ChapsVision. « Nous ne pouvons pas accepter de nouvelles dépendances stratégiques dans le numérique » , a-t-il justifié, désireux de « construire une véritable autonomie » pour ne « pas dépendre du bon vouloir de certains partenaires, capables (...) de couper le robinet d’accès » à l’IA.
