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Le géant européen investit 260 millions d’euros pour construire en île de France, son nouveau QG dédié à ses activités numériques militaires.
Un nouveau vaisseau amiral pour Airbus Défense et Sécurité en France. Guillaume Faury, président exécutif du géant européen de l’aéronautique, a donné le coup d’envoi de la construction du futur «Campus Grand Paris», à Montigny-le-Bretonneux (Yvelines), en présence de Catherine Vautrin, la ministre des Armées. Il s’agit « d’un projet d’envergure visant à développer et pérenniser les activités d’Airbus Defence and Space en France », précise le groupe. Ce dernier va en effet investir 260 millions d’euros pour se doter d’installations ultra-modernes et ultra-sécurisées.
Dessiné par le cabinet d’architecture Kardham, ce campus accueillera en effet des experts pointus et des activités critiques dans le numérique de défense, en particulier dans les domaines de l’Intelligence artificielle (IA), la cybersécurité, le quantique ainsi que les systèmes d’information sécurisés. Les clients d’Airbus Defense ne sont autres que les États (forces de sécurité, ministère de l’intérieur), les grandes entreprises critiques, les agences de renseignements ou encore les armées.
La société GA Smart Building, en charge de la construction, doit livrer le « nouveau vaisseau amiral » d’Airbus défense début 2028. Le site accueillera 1 700 employés, des spécialistes de « l’innovation stratégique », selon l’expression d’Airbus. Ces derniers quitteront l’actuel site d’Airbus Défense d’Élancourt (Yvelines) pour s’y installer, contrairement aux 600 employés de la branche spatiale (production de cartes électroniques, services etc). Ces derniers ont vocation à rejoindre le futur champion européen des satellites, issu du regroupement des activités spatiales de Thales, d’Airbus et de l’Italien Leonardo, une fois tous les feux verts obtenus auprès des autorités de la concurrence, à horizon 2027.
En plus de ce nouveau campus, Airbus continuera de s’appuyer, pour servir ses clients et développer de nouvelles solutions, sur ses deux autres sites français de Rennes et de Toulouse, ainsi qu’un réseau de 23 antennes maillant le territoire. À Montigny-le-Bretonneux, le groupe se renforce avec un outil ad hoc pour « fédérer un écosystème composé d’entreprises innovantes et de capacités de recherche académique ». Le site est en effet proche des laboratoires et écoles du plateau de Paris-Saclay et des start-up qui s’y sont implantées. De même, Airbus dont les activités progressent de près de 10% par an dans le numérique de défense, bénéficiera du bassin d’emplois de Saint-Quentin en Yvelines, qualifié de « particulièrement dynamique ». Airbus veut aussi, avec ce nouveau QG, « renforcer la base industrielle et technologique de défense (BITD) française ».
Airbus n’est pas le seul leader de la filière aéronautique et défense française à se renforcer en France. En avril, le motoriste et équipementier aéronautique Safran a annoncé un investissement de 150 millions pour doter son usine de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) d’une forge de grande puissance, destinée à la fabrication des pièces critiques de moteurs d’avion civil et militaire. Et en septembre dernier, Dassault Aviation* a inauguré une nouvelle usine 4.0, à Cergy (Val-d’Oise) pour soutenir les hausses de production du Rafale, l’avion de combat français. Le constructeur français, qui n’avait pas ouvert de nouveau site depuis un demi-siècle, y a investi 100 millions. Soit au total, un peu plus d’un demi-milliard d’euros d’investissement en région parisienne dans des industries critiques et des emplois à forte valeur ajoutée.
* Le groupe Dassault est propriétaire du «Figaro».
