Une banderole raciste a été déployée sur la basilique de Saint-Denis par des militants du groupuscule d’extrême droite Objectif Remigration, jeudi 11 juin. La municipalité dénonce une « nouvelle tentative des forces xénophobes présentes dans notre pays de fracturer la société » et a annoncé le dépôt d’une plainte.
La « ville des rois morts et du peuple vivant », qui a fait la Une de l’actualité après les élections municipales avec la vague de racisme qui s’est abattu sur son nouveau maire Bally Bagayako, a de nouveau été prise pour cible par l’extrême droite. Une banderole raciste a été déployée sur la basilique de Saint-Denis, jeudi 11 juin à l’aube, par le groupuscule d’extrême droite Objectif Remigration.
Dans une vidéo d’une minute diffusée sur X, son porte-parole déroule l’argumentaire classique de la mouvance identitaire, en affirmant que la « migration de masse » représente une menace pour la France et que la « remigration » est « la seule mesure capable de préserver notre pays ».
À grand renfort de références à Charles Martel et à une lecture fantasmée de l’histoire, il y défend un projet politique visant ni plus ni moins à organiser le départ forcé à grande échelle de personnes étrangères ou considérées comme d’origine étrangère.
« Saint-Denis incarne ce que détestent les racistes : une ville qui assume son histoire, la ville des rois et reines de France (…) et la ville qui est la somme de tous les brassages migratoires depuis de nombreuses années », a dans la foulée dénoncé l’édile de la commune auprès de l’AFP.
Le 21 juin, mettons un « coup KO » au racisme, à toutes les discriminations et à l’extrême droite
La ville de Seine-Saint-Denis, où un rassemblement contre le racisme a réuni des milliers de personnes le 4 avril et où Jean-Luc Mélenchon a tenu son premier meeting pour la présidentielle le week-end dernier, n’a en effet pas été choisie par hasard.
Le porte-parole d’Objectif Remigration, qui se présente sous le prénom de Stanislas, en fait auprès de l’AFP « le symbole de la nouvelle France », en référence au slogan de LFI, qu’il décrit comme « métissé e » et qui en conséquence aurait, selon lui, « perdu son identité » . Lieu idéal donc pour tenter d’imposer ses obsessions identitaires dans la campagne qui s’ouvre en vue de 2027 et promouvoir la théorie complotiste du « grand remplacement », relayée par toute l’extrême droite et au-delà.
Face à cette « nouvelle tentative des forces xénophobes présentes dans notre pays de fracturer la société, en s’appuyant sur des mots d’ordre absurdes, haineux et violents », la municipalité de Saint-Denis a annoncé, dans un communiqué, le dépôt d’une plainte . La préfecture et l’association « Suivez la flèche », qui pilote le chantier de reconstruction de la basilique, ont fait savoir qu’elles feraient de même.
Après les actions menées contre Aya Nakamura avant les Jeux olympiques de Paris ou les multiples opérations de communication visant des lieux symboliques, cette énième opération illustre aussi, pointe la mairie, la volonté récurrente à l’extrême droite de transformer un patrimoine commun en support de propagande pour une idéologie fondée sur la haine de l’autre. Pas de quoi désarmer la nouvelle municipalité de gauche qui réaffirme sa détermination à rester « pleinement mobilisée face à toute tentative de division » .
C’est pied à pied, argument contre argument qu’il faut combattre l’extrême droite. Et c’est ce que nous faisons chaque jour dans l’Humanité.
Face aux attaques incessantes des racistes et des porteurs de haine : soutenez-nous ! Ensemble, faisons entendre une autre voix dans ce débat public toujours plus nauséabond. Je veux en savoir plus.
« Une nouvelle tentative des forces xénophobes de fracturer la société » : Saint-Denis de nouveau ciblée par l’extrême droite avec une banderole raciste déployée sur la basilique
