La proposition de loi vise à instaurer une trêve estivale des expulsions en réponse aux risques accrus liés aux épisodes de chaleur extrême, qui sont de plus en plus fréquents en raison du dérèglement climatique. Actuellement, le droit français protège contre les expulsions durant la période hivernale, mais cette protection ne s'étend pas à l'été, période où les conditions climatiques peuvent également mettre en danger la santé des personnes. Le texte s'inscrit dans une logique d'adaptation des règles d'expulsion aux réalités climatiques, déjà observée dans certains territoires ultramarins.
Le texte modifie l'article L. 412-6 du code des procédures civiles d'exécution pour inclure une trêve estivale des expulsions. Cette trêve s'applique du 15 juin au 15 septembre de chaque année, ainsi que durant toute période de chaleur intense, lorsque des départements sont placés en vigilance orange ou rouge pour canicule. Les expulsions ne peuvent être exécutées durant ces périodes, sauf si un relogement adéquat est assuré pour les personnes concernées.
Si le texte est adopté, les expulsions ne pourront pas être exécutées entre le 15 juin et le 15 septembre, ainsi que durant les périodes de chaleur intense, ce qui pourrait protéger les personnes vulnérables des risques liés à la chaleur. Cette mesure s'applique à tous les départements concernés par des alertes canicule. Les expulsions pourront néanmoins être réalisées si un relogement adéquat est garanti pour les personnes concernées, ce qui reste une condition essentielle pour la mise en œuvre de cette trêve.
Jean, locataire à Marseille, reçoit un avis d'expulsion prévu pour le 10 juillet. Avant l'adoption de cette loi, il aurait dû quitter son logement malgré les températures élevées de l'été. Avec la nouvelle loi, son expulsion est suspendue jusqu'au 15 septembre, ce qui lui permet de rester chez lui durant la période de chaleur intense. Si la canicule est déclarée, il ne sera pas expulsé tant qu'un relogement adéquat n'est pas assuré.
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NIPour · 100 %
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Sur les 9 textes déposés par le groupe ECOS déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe SOC a voté pour 9 fois (100 %).
GDRPour · 89 %
Sur les 9 textes déposés par le groupe ECOS déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe GDR a voté pour 8 fois (89 %).
Passages cités dans le texte officiel
Les alinéas sur lesquels s'appuie la synthèse ci-dessus, reproduits à l'identique. Le texte complet (2 articles) est dans l'onglet « Le texte ». Texte intégral sur assemblee-nationale.fr
Exposé des motifs
Alinéa 2Le droit français prévoit depuis près de soixante‑dix ans une protection particulière contre les expulsions durant la période hivernale. Prévue à l’article L. 412‑6 du code des procédures civiles d’exécution, cette suspension temporaire de l’exécution des mesures d’expulsion repose sur un principe simple : lorsqu’un risque climatique est susceptible de mettre gravement en danger la santé ou la vie des personnes, la puissance publique ne peut permettre qu’elles soient privées de leur logement.
Alinéa 5Les épisodes de chaleur extrême sont désormais plus fréquents, plus précoces, plus longs et plus intenses. Ils provoquent chaque année plusieurs milliers de décès. Les personnes faisant l’objet d’une expulsion comptent parmi les plus exposées : privées d’un lieu où s’abriter, se rafraîchir ou s’hydrater, elles encourent un risque accru de déshydratation, de coup de chaleur et d’aggravation de pathologies préexistantes, et par conséquent, de décès.
Alinéa 6La présente proposition de loi ne remet nullement en cause les décisions de justice prononçant une expulsion ni le droit de propriété. Elle poursuit la même logique que la trêve hivernale : différer temporairement l’exécution des expulsions lorsque les conditions climatiques font peser un risque grave sur les personnes.
Alinéa 7À cette fin, l’article 1 er étend la protection existante à une période estivale courant du 15 juin au 15 septembre, période durant laquelle les épisodes de chaleur sont désormais les plus fréquents et intenses . Afin de tenir compte des épisodes précoces ou tardifs, qui deviennent plus nombreux sous l’effet du dérèglement climatique, elle prévoit également que cette protection s’applique en dehors de cette période lorsqu’un département est placé en vigilance orange ou rouge pour canicule.
Alinéa 8La présente proposition de loi prolonge ainsi un principe déjà consacré par le législateur : adapter les règles d’exécution des expulsions aux risques climatiques afin de garantir la protection de la dignité et de la santé des personnes les plus vulnérables.
Alinéa 1À la fin du premier alinéa de l’article L. 412‑6 du code des procédures civiles d’exécution, les mots : « exécutée à la date du 1 er novembre de chaque année jusqu’au 31 mars de l’année suivante, à moins que le relogement des intéressés soit assuré dans des conditions suffisantes respectant l’unité et les besoins de la famille » sont remplacés par le mot et les quatre alinéas suivants : « exécutée :
Alinéa 2« 1° Du 1 er novembre de chaque année jusqu’au 31 mars de l’année suivante ;
Alinéa 3« 2° Du 15 juin au 15 septembre de chaque année ;
Alinéa 4« 3° En dehors de ces périodes, pendant toute période de chaleur intense, dans des conditions fixées par décret en Conseil d’État.
Alinéa 5« Le présent article n’est pas applicable lorsque le relogement des intéressés est assuré dans des conditions suffisantes respectant l’unité et les besoins de la famille. »
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