Embourbée à gauche , la primaire ressuscitera-t-elle au centre ? C’est en tout cas l’idée mise sur la table par le candidat Renaissance Gabriel Attal jeudi 4 juin. Un outil en vue d’une candidature unique jusqu’ici peu entendu dans la bouche de l’ancien Premier ministre, venu récemment concurrencer Édouard Philippe dans sa course à la présidentielle.
Après son intervention au Congrès des Jeunes agriculteurs à Bourg-en-Bresse, Gabriel Attal a indiqué à la presse qu’il ferait de « nouvelles propositions » au bloc central « y compris avec, si on devait en passer par là, un calendrier des primaires qui pourraient s’organiser s’il n’était pas possible d’organiser un rassemblement autrement qu’en passant par des primaires . »
Une option de départage jusqu’ici jamais écartée mais jamais poussée non plus par Gabriel Attal, là où Édouard Philippe y a toujours clairement opposé une fin de non-recevoir. « La primaire, elle n’aura pas lieu », assénait-il déjà sur France 5 le 23 mai dernier, jugeant que « dans le spectre politique tel qu’il existe aujourd’hui, il n’y a pas de place pour cette primaire . »
Pourtant, l’éventuelle primaire sera donc bien au menu de la deuxième réunion du « comité de liaison » qui réunit les partis du bloc central, prévue le 10 juin prochain, comme l’ont découvert les partenaires de Gabriel Attal dans la presse. « Il y a quelques semaines, Monsieur Attal proposait un pacte. Aujourd’hui, il avance l’idée d’une primaire, a réagi à l’AFP, jeudi, côté Horizons, l’entourage du directeur de campagne Christophe Béchu qui juge « étonnant d’adresser un ordre du jour à la presse avant de le partager entre les participants du comité de liaison . »
« C’est énervant et préoccupant de parler de la primaire avant la réunion du comité de liaison la semaine prochaine, estime quant à lui Hervé Marseille, président de l’UDI, dans Les Échos . Aujourd’hui, je ne vois pas comment on fait une primaire. Sur quel périmètre ? Quand ? Avec quels moyens ? Cela ne mène nulle part. »
Primaire ou pas primaire, le clan Attal est en tout cas prêt à tout pour jouer le bon élève du rassemblement, et faire oublier qu’il a lui-même ajouté sa candidature à la longue liste de prétendants. « Il a toujours voulu avoir cette démarche de rassemblement, c’est d’ailleurs le seul qui l’a mise en œuvre avec la création de ce comité de liaison », assure la députée EPR Prisca Thévenot au HuffPost .
« C’est important de montrer qu’on est au boulot, que ce n’est pas que des engagements de principe et qu’on travaille concrètement au rassemblement » , ajoute Franck Riester, numéro 2 de Renaissance, qui représentera le parti lors du fameux comité de liaison et assure qu’il proposera par ailleurs d’autres outils que la primaire. Rien ne serait pire que quelque chose qui soit vécu comme une primaire sauvage ! »
Sauf que la primaire sauvage est bien partie pour s’installer : l’heure est plutôt à la bataille des sondages entre le candidat Horizons et son concurrent de Renaissance, qui a pris la place « challenger » face à celui qui reste favori dans les intentions de vote. Selon un sondage Ipsos BVA pour Le Parisien daté du 1er juin, Édouard Philippe se place devant Gabriel Attal, quelle que soit la configuration des candidatures. En cas de maintien des deux candidats au premier tour de l’élection présidentielle, Gabriel Attal engrangerait ainsi entre 8,5 et 9,5 % des intentions de vote contre un score en entre 13 et 14,5 % pour Édouard Philippe. Quand ils sont testés séparément, le maire du Havre est toujours plus haut.
Cette concurrence se voit aussi dans la guerre des ralliements qui s’ouvre ; le candidat Horizons a enregistré cette semaine celui d’une ancienne figure de la droite, Nathalie Kosciusko-Morizet.
