La Ville de Paris, secouée par le scandale des agressions dans le périscolaire , a suspendu des dizaines d’animateurs depuis le début de l’année 2026, dont 52 pour « suspicion de violences sexuelles ou sexistes » , a annoncé ce mardi 9 juin le maire Emmanuel Grégoire, qui a lancé une commission d’enquête indépendante sur le sujet.
« À date, le nombre de suspensions s’élève à 132 depuis le 1er janvier, dont 52 pour suspicion de violences sexuelles ou sexistes. Ces suspensions font systématiquement l’objet de l’arsenal de déclenchement d’enquêtes administratives, de saisines du parquet » , a souligné le maire PS élu en mars, en marge de la visite d’une école du XVIIe arrondissement, dans le nord-ouest de la capitale.
Emmanuel Grégoire a par ailleurs annoncé le lancement d’une « commission d’enquête indépendante » , confiée à l’ancien juge des enfants Antoine Garapon. Ce dernier aura « carte blanche pour faire des préconisations et analyser tout ce qu’il s’est passé » . Le périmètre de sa commission correspondra au périscolaire des écoles parisiennes. « Elle pourra, si elle le souhaite, élargir son champ de réflexion aux autres structures de la Ville de Paris qui accueillent des enfants » , a précisé le maire sur le réseau social X.
« Son expérience, son indépendance et son autorité morale sont des garanties précieuses pour ce travail essentiel » , s’est félicité l’édile à propos d’Antoine Garapon, par ailleurs ancien président de la Commission indépendante de reconnaissance et de réparation des abus sexuels dans l’Église (Ciase).
« Je veux comprendre ce qui peut encore défaillir dans l’organisation actuelle et tirer l’enseignement de tout ce qui s’est passé » , a encore insisté Emmanuel Grégoire. Dans son message sur X, le maire de Paris enjoint en outre à un « débat national » sur les violences faites aux enfants « au-delà de Paris » .
Emmanuel Grégoire, qui a fait du périscolaire la « priorité absolue » de son début de mandat, a annoncé en avril un plan d’action à 20 millions d’euros, qui promet une « tolérance zéro » en cas de suspicion, un audit « indépendant » et des mesures pour rendre moins précaire la filière de l’animation.
Une « convention citoyenne sur la protection et les temps de l’enfant » doit par ailleurs remettre ses conclusions fin juin.
