La hausse avait été conséquente et rapide, la baisse devra l’être aussi. Immédiatement après l’annonce d’ un accord entre Iran et États-Unis , le gouvernement français a mis la pression sur les distributeurs. Les prix à la pompe devront baisser « aussi rapidement » qu’ils avaient augmenté au début de la guerre, si l’accord entre les États-Unis et l’Iran débouche sur la réouverture du détroit d’Ormuz , a prévenu ce lundi 15 juin Maud Bregeon.
« Si cet accord est mis en place, que le détroit d’Ormuz rouvre dans les plus brefs délais, alors on observera une baisse du cours du Brent et donc du prix du baril » , a expliqué sur RTL la porte-parole du gouvernement et ministre chargée de l’Énergie. « Les prix à la pompe devront refléter les baisses des cours du Brent » , a-t-elle ajouté, en souhaitant que ces diminutions soient « aussi rapides que les hausses l’ont été » au début de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, déclenchée fin février.
Se voulant « optimiste » sur la finalisation de l’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, qui doit être signé vendredi, Maud Bregeon a insisté sur la nécessité que les baisses à la pompe interviennent « aussi rapidement que les hausses qui ont été observées il y a quelques mois » . Elle a précisé que le gouvernement maintenait « un dialogue constant avec l’ensemble des distributeurs » car, « derrière, c’est le pouvoir d’achat des Français, donc personne ne peut profiter de cette crise » .
Les États-Unis et l’Iran sont parvenus à un accord, conclu dans la nuit de dimanche à lundi, pour mettre fin immédiatement à la guerre au Moyen-Orient sur tous les fronts, y compris le Liban. Cet accord a été annoncé lundi matin par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur clé du conflit, et confirmé peu après par Washington et Téhéran. Les cours du pétrole brut ont plongé lundi de 5 %. « Il y aura une baisse des carburants au rythme de la libération des pétroliers qui sont dans le golfe persique et qui devront repasser par Ormuz. Pour que ça baisse vraiment et que ça dure, il faut libérer le détroit », a estimé Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres Leclerc et distributeurs de carburant.
Coté français, Emmanuel Macron espère concrétiser sa proposition de « coalition maritime » afin de sécuriser le détroit d’Ormuz. L’idée, soutenue par le Royaume-Uni, sera sur la table des discussions du sommet du G7 qui s’ouvre à Evian. Mais sa réalisation est suspendue à la réouverture effective du détroit, qui reste incertaine jusqu’à la signature effective de l’accord, prévu vendredi à Genève. La prudence reste donc de mise. « Le fait que la signature soit annoncée le jour de l’anniversaire du président Trump, la veille du début du G7 (...), avec une perspective de signature en Suisse, tout près d’Evian, tout ça n’est pas totalement anodin, il y a des communicants de grand talent qui prévoient les choses. Mais peu importe, à la limite, dès lors que ce serait vraiment la paix, on peut s’en réjouir » , a ainsi déclaré la présidente de la Banque Centrale européenne Christine Lagarde.
