« Casseur payeur » . Après les violences qui ont suivi la victoire du PSG en Ligue des champions, le gouvernement s’apprête à présenter en conseil des ministres, au mois de juillet, un projet de loi « visant à faire assumer directement aux auteurs le coût des dégradations commises dans l’espace public » , a annoncé Sébastien Lecornu ce dimanche 14 juin.
Évoquant les « finances publiques fortement dégradées » , le Premier ministre juge qu’il n’est « plus acceptable que la collectivité supporte le coût des destructions commises par quelques-uns ». « Demain toute personne prenant part à un attroupement violent au cours duquel des dégradations sont commises pourra être tenue de contribuer civilement à leur réparation. Un principe simple : lorsqu’on participe à une violence collective, on doit en assumer individuellement les conséquences » , a-t-il indiqué sur X.
Ce principe du « casseur payeur » est loin d’être nouveau dans le débat politique. À l’époque où il était Premier ministre, Gabriel Attal en avait fait un des axes de sa politique, martelant à l’envi son « tu casses, tu répares » avant que la dissolution freine ses ambitions. Le parti Les Républicains est sur la même ligne, avec une proposition de loi « visant à suspendre les droits aux prestations et aux aides publiques pour les personnes reconnues coupables d’exactions lors de rassemblements ou de manifestations » déposée à l’Assemblée nationale dès juin 2025, et régulièrement remise sur le tapis par les parlementaires.
Sans entrer dans les détails, Sébastien Lecornu a expliqué que « cette contribution pourra être adaptée aux capacités financières de chacun, y compris sous la forme de versements modestes étalés dans le temps ». Il a en revanche écarté une suspension intégrale pour les familles bénéficiaires d’aides, à laquelle il « ne croit pas » , a-t-il indiqué dans Le Parisien . « Les prestations sociales pourront être sollicitées dans les conditions prévues par la loi, sans remettre en cause le reste à vivre des personnes concernées », soulignant la « vocation éducative » d’une telle réparation.
Après les débordements qui avaient suivi le sacre parisien, le gouvernement a essuyé des critiques sur sa gestion du maintien de l’ordre à sa gauche, tandis que la droite dénonçait à l’inverse une forme de laxisme généralisé, le président du RN Jordan Bardella faisant « évidemment un lien (avec) la politique migratoire ». L’annonce de ce projet de loi permet donc au gouvernement de répondre aux attaques, soignant à la fois sa droite sans - pour l’instant - se mettre à dos la gauche avec des mesures de suspension intégrale. « Avec ce double dispositif, il y a une voie de passage au Parlement » , veut croire l’entourage du Premier ministre.
