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parlementvia France Info··6 min de lecture

Abrogation du Code noir : "il faut continuer de laisser les réflexions, les débats se poursuivre", souligne la députée Charlotte Parmentier-Lecocq

Personnalités citées :Charlotte Parmentier-LecocqMax Mathiasin
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Le contexte

L'abrogation du Code noir, qui codifiait l'esclavage français dans les colonies, a été votée à l'unanimité par l'Assemblée nationale. Ce vote est perçu comme un symbole fort de la réaffirmation des valeurs républicaines et de la volonté de tourner la page sur le passé esclavagiste de la France. Charlotte Parmentier-Lecocq, députée et ancienne ministre, a exprimé son émotion face à ce vote, soulignant l'importance de continuer les réflexions sur les conséquences de l'esclavage.

Ce qu'il faut retenir

L'Assemblée nationale a voté à l'unanimité l'abrogation du Code noir, un texte historique lié à l'esclavage. Charlotte Parmentier-Lecocq a souligné l'importance de ce vote comme symbole des valeurs républicaines. Elle a également évoqué la nécessité de poursuivre les débats sur les réparations et les stigmates de l'esclavage dans les territoires ultramarins. Parmentier-Lecocq a insisté sur l'importance de commémorer l'abolition de l'esclavage et de continuer à réfléchir sur ces questions.

Ce que ça change

Cette abrogation marque un tournant symbolique dans la reconnaissance du passé esclavagiste de la France. Elle ouvre la voie à des discussions sur les réparations et la mémoire collective, notamment dans les territoires ultramarins. Cela pourrait également influencer les politiques publiques concernant la mémoire et l'éducation sur l'esclavage en France.

L'article complet

Source originale sur francetvinfo.fr

Charlotte Parmentier-Lecocq, ancienne ministre et députée Horizons du Nord, était l'invitée politique du vendredi 29 mai sur franceinfo. L'élue s'est exprimée sur l'abrogation du Code noir par l'Assemblée nationale et le reste de l'actualité française.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

France Télévisions : Il y a eu une actualité particulière, hier, à l'Assemblée nationale, avec un vote à l'unanimité. C'est la première particularité. La deuxième, c'est l'abrogation du Code noir qui nous vient de Louis XIV, qui était encore non pas en vigueur, mais qui a survécu à l'abolition de l'esclavage et qui donc codifiait l'esclavage français dans les colonies, en particulier aux Antilles. C'est un moment important. Il y a eu 254 députés présents et 250 votes pour.

Charlotte Parmentier-Lecocq : C'est assez rare pour en parler. C'est vrai qu'il y a encore parfois des moments, comme ça, importants et beaux à l'Assemblée nationale où, de façon unanime, on réaffirme nos valeurs républicaines. Moi, je suis en plus native de la Guadeloupe, donc je suis particulièrement touchée qu'on ait pu adopter à l'unanimité cette proposition et ainsi réaffirmer la volonté de balayer complètement tout lien avec ce passé esclavagiste dans notre code.

Un certain nombre de députés, en particulier ultramarins, balayent cette partie de l'histoire, mais en disant 'maintenant, l'heure est aux réparations'. Pensez-vous que c'est un débat qui doit déboucher sur une proposition de loi ? Certains disent, et c'est l'un des éléments d'ailleurs qui a été voté hier, qu'il faut un rapport sur ce qui subsiste encore de l'esclavage dans les territoires ultramarins.

Je pense que c'est important de ne rien occulter, de continuer à cheminer dans cette réflexion. Surtout, les symboles, aujourd'hui, sont très importants. C'était quand même un symbole très fort de pouvoir dire qu'on abroge complètement ce code, parce qu'évidemment, ça n'existe plus, heureusement. C'était important d'avoir ce symbole. On sent encore, aux Antilles notamment, que ce passé, cette histoire, porte encore certaines marques, certains stigmates, dans ce que ressentent encore les descendants des esclaves. C'est important de commémorer aussi l'abolition de l'esclavage. C'est important de continuer à avoir ces symboles, à les porter, à avoir ces messages. Donc moi, je crois qu'il faut continuer de laisser les réflexions, les débats, les échanges se poursuivre. C'est important.

On a vu, effectivement, l'émotion du rapporteur du texte, le député du groupe LIOT de la Guadeloupe Max Mathiasin. Beaucoup de députés particulièrement touchés par cette histoire ont réclamé que ce débat soit prolongé avec peut-être celui des réparations. Autre sujet : nous vivons depuis plusieurs jours une canicule très précoce puisque nous sommes à peine au mois de mai. Le gouvernement est accusé d'inaction climatique sur cette période. Vous êtes ancien ministre, mais vous n'êtes plus tenue par cette solidarité gouvernementale. Est-ce que vous pensez que le gouvernement est passé à côté de cette canicule-là, en se projetant sur l'été prochain ? Est-ce qu'il n'y a pas une urgence qui a été un peu ratée par ce gouvernement ?

Je ne crois pas très sincèrement. On a quand même des procédures et une organisation qui existe en France, j'ai pu le constater moi-même en tant que ministre. Bien évidemment, l'année dernière, on avait pu un peu plus anticiper la canicule qui est arrivée sur juin, juillet, août. Là, elle est arrivée plus tôt. C'est un phénomène particulier et ça ne fait que démontrer qu'il faut continuer à investir dans la transition écologique, dans la décarbonation de notre activité économique. Ça, c'est ce que nous portons. Mais je ne crois pas que le gouvernement ait manqué de réaction. Dans les territoires, les services de l'État sont parfaitement formés, informés et savent porter la mise en œuvre de toutes ces procédures, mais aussi dans les communes. Les CCAS sont présents sur le terrain auprès des personnes ; dans les EHPAD, les professionnels savent très bien gérer les épisodes de canicule auprès des résidents. Simplement, je crois que c'est toujours très important de rappeler à chaque fois les messages de prévention. Il faut pouvoir se mettre à l'abri, s'hydrater, ne pas prendre de risques comme faire du sport à des heures très chaudes. C'est un certain nombre de choses qu'il faut toujours rappeler. Ça, c'est vraiment gérer l'urgence et la réaction à un épisode de canicule. Et puis, je crois que c'est quand même ce qu'a fait aussi le gouvernement, c'est ce que nous portons depuis plusieurs années : il faut continuer à adapter nos modes de fonctionnement, nos modes de vie, nos logements, notre industrie, nos activités à la transition écologique.

Vous parlez du logement, on peut parler aussi du bâti scolaire. Certains se plaignent que le Fonds vert ne soit pas abondé régulièrement. Est-ce qu'il n'y a pas besoin d'un plan massif pour les passoires thermiques, pour le bâti scolaire ? L'Espagne vient de débloquer neuf milliards pour sa transition écologique, en partie pour la décarbonation. On sait que les caisses sont vides, mais pour autant, cette urgence-là va être régulière dans les années qui vont suivre.

Je pense qu'on ne peut pas dire que rien n'est fait, rien n'est investi, parce que dans les différents budgets qui ont été...

Ce n'est pas ce que j'ai dit, c'est que par exemple, le Haut Conseil pour le Climat dit que le problème, c'est le financement.

Il faut continuer évidemment à investir sur ce champ et puis il faut le faire et, c'est ce que porte Édouard Philippe, sur des activités qui ont de forts impacts. Dès lors qu'on a des activités qui ont de forts impacts en matière de pollution, de gaz à effet de serre, c'est là où il faut mettre le paquet pour pouvoir être efficace. Il faudra continuer à l'être aussi évidemment sur le bâti, sur le logement. Et ce qu'on porte aussi, c'est d'investir dans l'innovation ; certaines innovations permettent de réduire certains effets de la chaleur et c'est aussi nos comportements qu'il faut continuer à adapter. Là, on commence à préparer les incendies de feux de forêt et on voit bien que 9 fois sur 10, ce sont les gestes humains qui provoquent ces feux de forêt donc on a aussi, nous, à intégrer des gestes de prudence, de précaution, de vigilance.

Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.

L'Assemblée nationale vote à l'unanimité l'abrogation du Code noir

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