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Quelques heures après sa mise en vente, l’édition du 4 juin de L’Essor savoyard a été achetée en grande quantité dans plusieurs points de vente d’Annecy. Le journal consacrait sa Une à une affaire juridique de viol impliquant un élu local.
Des dizaines de journaux achetés d’un coup, des rayons vidés dès l’ouverture et même une personne se présentant comme journaliste pour justifier un achat massif. À Annecy , en Haute-Savoie , la disparition soudaine de nombreux exemplaires de l’hebdomadaire local L’Essor savoyard intrigue depuis plusieurs jours. Selon un article publié par le titre de presse, son édition datée du 4 juin a fait l’objet d’achats en nombre dans plusieurs points de vente de la ville.
Dans un supermarché annécien, 146 exemplaires auraient été achetés lors d’une seule transaction, pour un montant total de 365 euros. Toujours selon le journal, l’acheteur aurait expliqué agir pour le compte de la rédaction, se présentant comme un journaliste afin de justifier cette acquisition inhabituelle. Membre du groupe Le Messager, L’Essor savoyard couvre l’actualité d’Annecy, de Chambéry et d’Aix-les-Bains avec une rédaction composée de cinq journalistes à temps plein.
Le média estime que ces achats ont eu pour effet de rendre son édition difficile à trouver dans plusieurs points de vente dès les premières heures de commercialisation. Une coïncidence intrigue particulièrement la rédaction. L’édition concernée consacrait sa Une à une enquête intitulée «La mairie secouée par une affaire de viol» . L’article revenait sur une affaire mettant en cause Anthony Granger, devenu cette année le premier adjoint au maire d’Annecy, Antoine Armand, élu Renaissance.
Quelques jours auparavant, le média La Lettre avait révélé l’existence d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet d’Annecy. Selon cette publication, une plainte aurait été déposée le 25 avril dernier pour des faits présumés remontant à septembre 2023, lorsque l’élu était encore dans l’opposition municipale. La Lettre indiquait également qu’un signalement avait été effectué par une autre élue, Cécile Boly, durant l’entre-deux-tours des élections municipales après avoir été informée de faits présumés d’agression sexuelle et de viol.
À ce stade, aucune condamnation n’a été prononcée et Anthony Granger bénéficie de la présomption d’innocence. Par ailleurs, aucun élément ne permet d’établir avec certitude un lien entre ces achats massifs de journaux et le contenu de cette enquête. C’est d’ailleurs ce que reconnaît le chef des éditions, Florent Pecchio, de L’Essor savoyard : «Difficile de ne pas y voir un lien avec ces achats de journaux massifs, mais rien ne le prouve à l’heure d’écrire ces lignes.» Le journal estime néanmoins que cette opération visait potentiellement à limiter la diffusion de son travail.
La rédaction a choisi de traiter l’affaire avec une pointe d’ironie, souhaitant à ces «acheteurs compulsifs» de trouver «un bon usage à ces centaines de journaux» . Ce samedi 6 juin, L’Essor savoyard a par ailleurs indiqué que son édition était de nouveau disponible à la vente.
