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justicevia Sud Ouest··3 min de lecture

Rassemblement en hommage à Lyhanna à Pau ce lundi : « Personne ne veut entendre les victimes de viols. La justice doit changer »

Personnalités citées :Aurélie Bergerot
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Le contexte

Le rassemblement à Pau fait suite au drame de la petite Lyhanna, victime de violences sexuelles. Ce cas a suscité une forte émotion et une mobilisation autour des droits des victimes de viols en France. Les associations comme Partageons nos silences et le collectif Nous Toutes se battent pour une meilleure reconnaissance et protection des victimes par la justice.

Ce qu'il faut retenir

Un rassemblement est prévu à Pau pour rendre hommage à Lyhanna et dénoncer l'inefficacité de la justice face aux violences sexuelles. Aurélie Bergerot, présidente de l'association Partageons nos silences, témoigne de son expérience et appelle à un changement dans le traitement des plaintes pour viol. Elle souligne que la majorité des plaintes sont classées sans suite et que les victimes se sentent souvent non entendues. Le rassemblement vise à faire entendre la voix des victimes et à demander une réforme de la justice.

Ce que ça change

Cet événement met en lumière les lacunes du système judiciaire français concernant les violences sexuelles. Il pourrait inciter à une prise de conscience et à des réformes nécessaires pour mieux protéger les victimes et traiter leurs plaintes. La mobilisation citoyenne pourrait également renforcer la pression sur les décideurs politiques pour qu'ils agissent en faveur d'une justice plus efficace.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Après le drame de la petite Lyhanna dans le Gers, l’association Partageons nos silences et le collectif nous Toutes appellent à un rassemblement ce lundi devant le palais de justice de Pau. Aurélie Bergerot témoigne, elle aussi, de la surdité et de la lenteur coupables de la justice

À Arette, le drame de la petite gersoise a pétrifié Aurélie Bergerot. « Ça me déborde émotionnellement », livre la trentenaire. La fondatrice et présidente de l’association « Partageons nos silences » n’est pourtant pas une proche de la famille de Lyhanna, mais cette sordide affaire fait écho à l’histoire de la jeune femme.

Une histoire de viols, de silence, de combat et de surdité de la justice. La Béarnaise est une heureuse maman depuis deux ans lorsqu’à 26 ans, en 2014, l’impensable lui « explose à la tête », raconte-t-elle. « J’étais en train de faire la vaisselle. Mon patron de l’époque m’a bloqué contre lui pour m’embrasser. J’ai senti mon corps se verrouiller. »

Son corps se met alors à développer diverses pathologies, comme des infections urinaires, et des images surgissent dans sa tête. Des images de viols, durant son enfance. « Quand on a été victime une fois de viol, on devient une proie. Le plus grand risque pour une personne d’être violée, c’est d’avoir été violée une fois. On est en danger de viol, toute sa vie », a déclaré l’animatrice Flavie Flament, lors de la révélation de son agression par Patrick Bruel, toujours présumé innocent.

Aurélie Bergerot indique avoir également été violée à 14 ans par un proche et encore en 2019 par un thérapeute. Ses plaintes successives ont été classées sans suite ou se sont conclues par un non-lieu.

De l’affaire Patrick Bruel au drame de Lyhanna, Aurélie Bergerot ne décolère pas. « Combien de plaintes faut-il pour prouver qu’un agresseur est un agresseur ? ». Son association , créée en 2019, s’est donnée pour première mission d’accueillir la parole des victimes sans jugement. « Personne ne nous entend, personne ne nous croit. Nous ne pouvons parler qu’entre nous », déplore-t-elle.

Aurélie Bergerot les accompagne en outre dans le dépôt de plainte, lorsqu’elles le souhaitent, et les soutient lors de la procédure. À l’image de quelques salariées de la Fromagerie des Chaumes à Mauléon, victimes de harcèlement sexuel. Leur agresseur a été condamné fin avril , à dix mois de prison avec sursis. « Le plus salvateur lors d’une agression, c’est la reconnaissance de celle-ci. Là, le juge leur a dit de relever la tête, qu’elles étaient crues. C’était incroyable », se souvient Aurélie Bergerot.

Elle, se battra jusqu’à la reconnaissance de ses viols par la justice. « Sans cela, ça laisse croire que ce n’est pas grave », confie-t-elle. Quant aux sceptiques qui s’étonnent du flot de plaignantes contre Patrick Bruel des années plus tard, Aurélie Bergerot témoigne de l’amnésie traumatique que peut engendrer une telle agression.

Et puis, il y a la honte. La culpabilité. La peur, ô combien légitime au regard de ces actualités, de ne pas être cru. Elles poussent toutes au silence. Pour que cette honte, cette culpabilité et cette peur changent de camp, Aurélie Bergerot insiste : « Nous avons besoin que la justice change et prenne la mesure du sujet. » Le ministère de l’Intérieur dénombre 185 000 viols ou tentatives de viols de femmes majeures par an. À peine 7 % portent plainte. Dans 70 % des cas, elles sont classées sans suite.

« Ça suffit ! », crie Aurélie Bergerot. Avec le collectif féministe Nous Toutes, la présidente de Partageons nos silences invite la population à un rassemblement ce lundi à 19 heures devant le palais de justice afin que « la justice nous protège enfin des agresseurs »

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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