Une organisation américaine qui lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants avait déjà repéré une activité suspecte en ligne du tueur présumé, avant de le signaler à l’Office mineurs de la police nationale française. Mais aucune enquête n’avait été ouverte
À quelques heures des obsèques de la jeune Lyhanna , 11 ans, retrouvée morte dans un silo agricole, dans le Gers, une nouvelle onde de choc vient faire remonter à la surface de nouvelles traces judiciaires et pédocriminelles du principal suspect, Jérôme Barella , selon les informations du « Monde ».
Les agissements de l’homme de 41 ans auraient en effet été repérés, bien avant l’affaire Lyhanna, par l’organisme américain NCMEC (National Center for Missing and Exploited Children) qui a transmis plusieurs signalements le visant à l’Office mineurs (Ofmin) français, service de la police judiciaire qui lutte contre les violences sexuelles faites aux mineurs . Ce qui pose une nouvelle fois la question de la gestion et du traitement des plaintes et informations au sujet de Jérôme Barella.
Dans le détail, le NCMEC , qui transmet des centaines de milliers de signalements par an aux autorités françaises, collecte surtout les données sur le web et les réseaux sociaux, concernant des contenus pédocriminels hébergés en ligne, avant de les fournir aux polices nationales des ressortissants détectés.
C’est ainsi que les signalements de la fondation américaine concernant le tueur présumé ont été découverts juste après l’éclatement de l’affaire, quand il a été demandé à tous les services de police de rechercher dans leurs bases de données une référence au suspect. Signalements qui remontent à plusieurs mois et qui n’étaient pas connus de la justice. Aucune enquête judiciaire n’avait d’ailleurs été ouverte.
Du côté de l’Ofmin, il est toutefois difficile de traiter tous les signalements reçus des Américains tant ils sont nombreux et qu’ils ne sont pas toujours nominatifs. En 2024, l’ex-cheffe de l’Office expliquait à nos confrères de « 20 Minutes » que ses services ne pouvaient traiter que « moins de 1 % des signalements », évoquant le chiffre de 318 000 signalements sur l’année 2023, soit 870 par jour en moyenne.
Par ailleurs, à l’Ofmin, les enquêteurs (une quarantaine en France sur les 85 prévus par Gérald Darmanin en 2023) traitent en priorité les faits liés au livestream (vidéos diffusées en direct), ce qui relaye donc les signalements pour viol ou violences sexuelles en bas de la pile.
Enfin, si toutes les informations du NCMEC sont bien transmises à l’Ofmin, elles peuvent aussi être accessibles aux services territoriaux de police et de gendarmerie , explique « Le Monde », dans le cas où ils réalisent une demande de criblage à propos du suspect. Demande qui, semble-t-il, n’a pas été faite au sujet de Jérôme Barella.
