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Selon Laurent Panifous, invité politique de "La Matinale" ce 16 juin, la réponse au drame de la mort de la petite Lyhanna ne sera pas obligatoirement la loi intégrale réclamée par les associations et manifestants. Il faut "se mettre d'accord collectivement sur le fond, et ensuite nous verrons la forme que prend l'engagement du gouvernement", assure-t-il.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Alix Bouilhaguet : L'onde de choc causée par la mort de Lyhanna continue de se propager. Lundi, Sébastien Lecornu a reçu les députés à l'origine du texte transpartisan pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes. Est-ce qu'on se dirige vers une session extraordinaire du Parlement en septembre pour débattre de cette loi ?
Laurent Panifous : Effectivement, je vous confirme que le Premier ministre a reçu celles et ceux qui ont rédigé ce texte, dit loi intégrale. D'abord, pour parler du fond, c'est-à-dire quelles sont les mesures essentielles que nous devons prendre en compte pour faire en sorte d'apporter une réponse à ce qui sera une véritable révolution culturelle, sociétale, la manière dont nous appréhendons les violences sexistes et sexuelles.
Mais est-ce qu'elle va être mise sur la table concrètement, cette loi ? On a senti Sébastien Lecornu assez réservé, comme si finalement, ce n'était pas cette loi qui aurait permis d'éviter le drame de la jeune Lyhanna. On sent également Emmanuel Macron pas encore tout à fait prêt à décider de cette session extraordinaire pour septembre. Or, c'est lui qui peut le faire.
La réponse du gouvernement à celles et ceux qui ont rédigé ce texte était claire hier, c'était de dire : oui, il y aura une réponse intégrale à cette problématique. Quel sera le moyen, quel sera le vecteur ? Est-ce que ce sera cette proposition de loi ? Il y a déjà un projet de loi qui a été mis sur la table, passé en Conseil des ministres, celui sur la protection de l'enfance. Le Premier ministre a dit hier clairement qu'il va être amendé, complété déjà par le gouvernement, il pourrait l'être par les députés. Nous attendons aussi quelque chose d'important, la réponse du Conseil d'État sur ce texte…
On a le sentiment d'une vente à la découpe de cette loi intégrale, qui pourrait être insérée dans cette loi protection de l'enfance...
J'entends et je comprends vos craintes, et cette réunion d'hier était importante pour ça. Ce que le Premier ministre a dit aux députés que nous avons reçu, c'est que nous allons apporter une réponse intégrale. Nous verrons après par quels moyens. D'abord, mettons-nous d'accord sur le fond, et pour cela, attendons les réponses des enquêtes. Il y a trois enquêtes en cours sur le drame qui vient de se dérouler. Ensuite, les réponses du Conseil d'État sur le texte dit loi intégrale et ensuite, collectivement, nous apporterons une réponse intégrale, mais avec quels moyens ? La forme, si vous voulez, viendra après.
Vous ne confirmez pas aujourd'hui que cette loi, elle sera débattue à l'Assemblée nationale, aussi bien à la session extraordinaire de juillet qu'en une session possible en septembre. Pour l'instant, à ce stade, elle n'est pas inscrite ?
Le Premier ministre a dit qu'il ne voyait pas de difficultés à ce que nous y inscrivions une loi supplémentaire, une proposition de loi ou même un projet de loi peut-être supplémentaire à celui sur la protection de l'enfance à l'automne, mais il souhaite faire les choses dans l'ordre : d'abord, se mettre d'accord collectivement sur le fond, et ensuite nous verrons la forme que prend l'engagement du gouvernement.
Emmanuel Macron a reconnu un dysfonctionnement de la justice concernant l'affaire Lyhanna, mais il a eu aussi ces mots lors d'un récent Conseil des ministres : "On ne répond pas à un drame par des cris." C'est une erreur pour la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, qui dit qu'on a le droit d'être en colère quand on fait de la politique, qu'il faut être à l'écoute de la société. Est-ce que d'une certaine manière, elle ne dit pas que le président est déconnecté des Français ?
Je ne sais pas ce que veut dire Madame Braun-Pivet du président de la République, je la laisse responsable de ses propos. Quand on fait de la politique, il faut en permanence rester connecté aux Français. Le drame de la petite Lyhanna, il touche tout le monde. Chaque Français est touché viscéralement par ce qui vient de se passer. Par contre, il faut, comme le dit le Premier ministre, avoir le cœur chaud et le sang-froid quand il s'agit de répondre à ce type de problématiques. C'est une véritable révolution culturelle et sociétale, la manière dont on appréhende les violences sexuelles et sexistes aux enfants et aux femmes. C'est une réponse polymorphe qui touche l'Éducation nationale, qui touche la formation.
Oui, il faut une réponse intégrale, le moyen est accessoire. Ce qui compte, c'est que sur le fond, on se mette d'accord.
Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.
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