La scène n’a pas été filmée mais selon les propos rapportés par plusieurs témoins, elle est surréaliste. Elle se déroule dimanche 14 juin lors de l’inauguration à Nice du salon Bharat Innovates, consacré à l’innovation et aux technologies indiennes et oppose le maire de la ville, Éric Ciotti , au ministre des Transports Philippe Tabarot.
Les deux hommes suivaient la délégation menée par Emmanuel Macron et le Premier ministre indien Narendra Modi quand Philippe Tabarot s’est approché du patron de l’UDR pour le qualifier de « nabot » , à voix haute, selon Le Canard enchaîné . Il lui aurait ensuite soufflé à l’oreille : « Je vais te faire disparaître. Je vais te faire disparaître en t’envoyant des Géorgiens » . Sans se laisser abattre, Éric Ciotti lui aurait répondu : « C’est surtout toi qui vas disparaître du Sénat » , dans une allusion à peine voilée aux élections sénatoriales prévues en septembre.
Dans les Alpes-Maritimes, le scrutin s’annonce périlleux pour Les Républicains, partir auquel appartient Philippe Tabarot et qu’a dirigé Éric Ciotti entre 2022 et 2024. À l’inverse, le RN aborde l’élection avec davantage de sérénité, espérant renforcer son implantation locale avec son allié de l’UDR.
Le ton est monté si haut entre les deux hommes, qui se connaissent bien mais qui sont en froid depuis la scission de 2024, que le maire de Nice a décidé d’effectuer un signalement au procureur de la République de Nice. Puis d’adresser une lettre au Premier ministre Sébastien Lecornu pour se plaindre d’avoir été la « cible de comportements d’une gravité exceptionnelle » .
Dans ce courrier, révélé par Le Figaro , Éric Ciotti affirme avoir été visé par « des menaces avec préméditation au sens de l’article 222-17 du Code pénal » et par une « injure publique caractérisée au sens de la loi du 29 juillet 1881, dans un cadre diplomatique de premier plan » . Il rappelle que le ministre a déjà eu « une attitude violente à son encontre lors des questions au gouvernement du 12 mai » , ce qui écarte l’idée d’une altercation isolée.
Face à la « gravité institutionnelle considérable » de ces propos, qui portent selon lui « atteinte à la dignité de la fonction gouvernementale, à la représentation de l’État vis-à-vis de nos partenaires étrangers, et à la sérénité qui doit présider aux rapports entre les élus de la Nation et les membres de l’exécutif » , Éric Ciotti demande « solennellement » à Sébastien Lecornu de prendre toutes les mesures qui s’imposent. Et notamment la démission de Philippe Tabarot, dont les « menaces de type mafieux n’ont pas leur place dans notre démocratie ». Le ministre ne s’est pas exprimé sur cette affaire.
