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justicevia Sud Ouest··2 min de lecture

« Agent orange » : l’action contre Bayer-Monsanto d’une victime de ce défoliant ultra-toxique utilisé durant la guerre du Vietnam examinée par la Cour de cassation

Par Tom Levy · Fondateur & directeur de la publication

Personnalités citées :Tran To Nga
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Le contexte

Tran To Nga, une Franco-Vietnamienne, poursuit Bayer-Monsanto et d'autres entreprises pour leur rôle dans la fabrication de l'agent orange, un défoliant utilisé durant la guerre du Vietnam. La Cour de cassation examine son recours après que ses demandes aient été jugées irrecevables en première instance et en appel en raison de l'immunité de juridiction des entreprises impliquées.

Ce qu'il faut retenir

La Cour de cassation se penche sur le recours de Tran To Nga contre Bayer-Monsanto pour l'utilisation de l'agent orange. Les précédents jugements ont invoqué l'immunité de juridiction des entreprises, arguant qu'elles agissaient pour le compte des États-Unis. Les avocats de Tran To Nga contestent cette immunité, affirmant que le dossier concerne les conditions de fabrication de l'agent orange et non l'armée américaine. Tran To Nga, exposée au défoliant, souffre de graves problèmes de santé et attribue des pathologies à son exposition ainsi qu'à celle de sa famille.

Ce que ça change

Cette affaire soulève des questions sur l'accès à la justice pour les victimes de produits chimiques toxiques. Si la Cour de cassation décide de ne pas valider l'immunité de juridiction, cela pourrait ouvrir la voie à d'autres recours similaires contre des entreprises pour des actes commis à l'étranger, renforçant ainsi la responsabilité des multinationales en matière de santé publique.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

La plus haute juridiction française se penche sur le dossier de Tran To Nga, une Franco-Vietnamienne de 84 ans qui poursuit des géants de l’agrochimie ayant conçu « l’agent orange »

La Cour de cassation examine mardi le recours de Tran To Nga, Franco-Vietnamienne de 84 ans qui a porté plainte contre Bayer-Monsanto et 13 autres groupes agrochimiques pour avoir conçu l'« agent orange », défoliant ultra-toxique utilisé durant la guerre du Vietnam. En première instance à Evry en 2021 puis devant la cour d'appel de Paris en 2024, sa demande avait été jugée irrecevable, l’immunité de juridiction empêchant un État ou ses agents d’être jugés par un autre État.

« Les demandes de Mme Tran To Nga se heurtent à l’immunité de juridiction dont les sociétés […] bénéficient » au motif qu’elles agissaient pour le compte des États-Unis pendant ce conflit (1955-1975), avait écrit la cour d'appel dans son arrêt. Le tribunal d’Evry avait également estimé que les groupes agrochimiques avaient « agi sur ordre et pour le compte de l’État américain » et pouvaient donc se prévaloir de l’immunité de juridiction. C’est sur ce point que les conseils de l’octogénaire ont basé leur recours.

« On ne juge pas l’armée américaine mais les conditions de fabrication de l’agent orange, l’immunité de juridiction ne les couvre pas », estiment Bertrand Repolt et William Bourdon, avocats de Tran To Nga. Pour eux, ce dossier « pose la question fondamentale de l’accès au juge » pour leur cliente, qui a la nationalité française et dont des enfants et petits-enfants sont atteints de pathologies qu’elle attribue à l'« agent orange ».

Née en Indochine française en 1942, Tran To Nga est une journaliste âgée de 24 ans quand elle est exposée au défoliant utilisé par l’armée américaine pour détruire les forêts vietnamiennes, où se cachaient les combattants de la guérilla communiste Vietcong. Ce produit a provoqué des troubles de santé pour plus de 3 millions de personnes, selon l’association Vietnam Dioxine.

« L’avion est passé avec un nuage blanc derrière lui. Ça tombe très rapidement et c’est comme ça que je me suis retrouvée enveloppée d’un liquide gluant et, tout de suite, j’ai commencé à tousser, à m’étouffer », avait-elle relaté lors d’une conférence de presse en avril 2024. Sa fille, née en 1969, est décédée d’une malformation cardiaque au bout de « 17 mois », précise le collectif, en ajoutant que ses deux autres filles et ses petits-enfants sont atteints de « pathologies graves ».

Tran To Nga souffre quant à elle de « tuberculoses à répétition, d’un cancer et d’un diabète de type II », dénonce Vietnam Dioxine .

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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