Les associations féministes ont expliqué ce vendredi matin comment elles comptent mobiliser pour la mise en œuvre d’une loi intégrale contre les violences
Colère et gravité ce vendredi matin à la conférence de presse organisée par le collectif féministe “Loi intégrale”, qui fédère une centaine d’associations et organisations, dont la Fondation des femmes, la Fondation pour l’Enfance, Ensemble contre le sexisme, Oxfam, FSU, la CGT…
« Aujourd’hui, c’est une journée particulière. Cet après-midi auront lieu les obsèques de Lyhanna. Ce sera le temps du recueillement, a commencé par préciser Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes. Sa disparition, c’est vraiment l’injustice de trop. Plus les jours passent, plus on se rend compte qu’il y a eu énormément de signalements et d’absences de réponses. De ma vie de féministe, j’ai rarement vu une demande si forte d’amélioration du système ».
« 160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année, selon les données de la Civiise (Commission Indépendante sur l’Inceste et les Violences Sexuelles NDLR), ce ne sont pas des statistiques, ce sont des enfants qui ne sont pas protégés » a déploré Anne Sinic, directrice générale adjointe de l’association Caméléon. « Nous voulons dire notre détermination à obtenir autre chose que des larmes de crocodile et des mesures gadget » a ajouté Sophie Binet (CGT).
Comme son nom l’indique, la coalition Loi intégrale se mobilise avec un objectif précis : l’inscription à l’agenda parlementaire de la proposition de loi intégrale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Un arsenal de 79 articles, déposé fin 2025 et cosigné par une centaine de députés de gauche et du centre-droit, mais qui n’a pas été examiné à ce jour. Lundi, Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, a appelé le gouvernement à l’ajouter à l’ordre du jour de la session extraordinaire en juillet ou en septembre.
Ce texte prévoit notamment la formation obligatoire des professionnels, la création d’unités spécialisées au sein de la police judiciaire, d’une juridiction spécialisée en matière de violences sexistes et sexuelles...
La coalition a détaillé la façon dont elle entend accentuer la pression sur l’exécutif. « Nous allons continuer à aller manifester chaque lundi à 19 heures place Vendôme, à Paris, devant le ministère de la Justice, et appelons à des rassemblements à la même heure devant tous les tribunaux de France. Il ne s’agit pas de pointer tel ou tel juge. Notre adresse vise d’abord les hommes politiques. Nous préparons aussi une grande manifestation le samedi 4 juillet » a indiqué Anne-Cécile Mailfert. Par ailleurs, une pétition sur le site du collectif a déjà recueilli 265 000 signatures.
La coalition demande une loi, et des moyens. Elle évalue à 2,6 milliards d’euros l’investissement annuel nécessaire à une « véritable politique publique de lutte contre ces violences ». À ce stade, le gouvernement a proposé d’intégrer quelques mesures issues de ce texte, comme un délai maximal de trois mois pour les actes d’enquête concernant les crimes sur enfants, au projet de loi sur la protection des enfants dont l’examen au Parlement est prévu le 15 juillet.
