La réponse à la mort tragique de Lyhanna doit "être intégrale", a dit samedi au Parisien le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui ne pense pas qu'une "unique loi - aussi utile soit-elle - pourrait tout facilement régler", comme en réponse aux défenseurs d'une "loi intégrale" contre les violences sexistes et sexuelles.
"La réponse (...) doit effectivement être intégrale: c'est une question nationale. Et donc cette réponse dépasse nécessairement le cadre d'une unique loi - aussi utile soit-elle - qui pourrait tout facilement régler. Personne ne le croit", a affirmé le chef du gouvernement au quotidien.
"Et ce drame n'est pas un fait divers, mais un fait de société. Ce débat est un débat au long cours", a-t-il prévenu.
Depuis lundi, les appels à inscrire à l'agenda du Parlement une "loi intégrale" sont légion, de la "coalition féministe loi intégrale" à la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet (Renaissance).
Celle-ci a appelé lundi le gouvernement à mettre à l'ordre du jour des travaux de l'Assemblée en septembre un texte de la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez, cosigné par plus de cent députés, qui épouse cette ambition. Le texte est également soutenu par Gabriel Attal, chef du parti Renaissance.
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a parlé mardi lors des Questions au gouvernement d'une "grande loi, sans doute, que nous devons accompagner", précisant que le Premier ministre en avait saisi le Conseil d'Etat. Même si selon M. Darmanin "aucune des dispositions de la loi intégrale n'aurait répondu (...) au drame de la petite Lyhanna".
Sébastien Lecornu avait de son côté jugé la loi intégrale "utile", tout en soulignant que beaucoup de mesures pouvaient être prises par voie réglementaire, "très en amont d'une discussion de ce texte".
Il doit recevoir lundi à 16H00 Mme Thiébault-Martinez et une délégation de députés, qui entendent "exiger l'inscription à l'ordre du jour du Parlement de la loi intégrale", selon le PS.
