Marine Le Pen ne comptera pas parmi les spectateurs qui se déplaceront pour voir Patrick Bruel sur scène. Interrogée ce vendredi 22 mai sur RMC-BFMTV sur le cas du chanteur visé par plusieurs enquêtes pour viols en France et en Belgique et par une douzaine de plaintes pour agressions sexuelles, la cheffe de file des députés RN a affirmé qu'elle "n'ira pas" aux concerts de l'artiste, qui doit entamer le 16 juin prochain sa tournée "Alors Regarde 35".
"De toute façon je n'y serais pas allée" même si l'artiste n'était pas visé par ces plaintes et ces enquêtes, a précisé Marine Le Pen. Pourquoi? "Parce que je ne l'aime pas", a-t-elle répondu. "Il ne m'aime pas non plus vous me direz!"
Marine Le Pen ne souhaite pas pour autant que le chanteur annule ses spectacles, contrairement notamment au maire de Paris, Emmanuel Grégoire, qui a appelé Patrick Bruel à "mettre entre parenthèses sa carrière" et à annuler "de lui-même" son concert prévu au Zénith de Paris en octobre prochain. Une pétition en ce sens et soutenue par plusieurs associations féministes avait recuilli plus de 36.000 signatures ce vendredi matin.
Pour Marine Le Pen, Patrick Bruel "peut donner des concerts mais personne n'est obligé d'aller les voir". "Il y a un principe fondamental dans le droit, c'est la présomption d'innocence", a-t-elle souligné. "Tant que vous n'êtes pas définitivement condamné, vous êtes présumé innocent." À ses yeux, obliger le chanteur à faire une croix sur ses concerts, "c'est condamner quelqu'un à la mort professionnelle ou à la mort sociale avant que la justice se soit prononcée."
"Moi j'ai des principes, j'y tiens, et on ne peut pas encore une fois parler de l'État de droit en toutes circonstances sans les respecter", a ajouté la députée Rassemblement national du Pas-de-Calais. "Même si ça fait mal, même si ça dérange."
