Un homme de 19 ans a été mortellement agressé par deux autres personnes à Metz. Des témoins ont entendu, de la part des agresseurs, des insultes homophobes à destination de la victime
À ce stade, une éventuelle motivation homophobe de l’agression mortelle, à Metz, d’un homme de 19 ans, n’est pas retenue par la justice, a rappelé vendredi le parquet, après un message sur X de Jean-Luc Mélenchon évoquant « une agression homophobe ». « Un jeune homme est mort il y a deux jours suite à une agression homophobe », a écrit jeudi soir sur X le candidat insoumis à la présidentielle. « Il passait dans la rue à Metz dans la nuit » et « une bande l’a agressé avec des injures homophobes », a-t-il ajouté.
Un jeune homme est mort il y a deux jours suite à une agression homophobe. Il passait dans la rue à Metz dans la nuit. Une bande l'a agressé avec des injures homophobes. Il a fait un trauma crânien et il est mort de ses blessures. À l'inverse de Deranque, il n'était pas néonazi.…
Néanmoins, les premiers éléments de l’enquête ne permettent pas d’étayer une motivation homophobe de ces faits, avait dit lundi le procureur de la République de Metz, David Touvet.
Deux hommes de 20 et 27 ans avaient été mis en examen et écroués, d’abord pour « tentative de meurtre aggravé par l’état d’ivresse manifeste », mais le décès du jeune homme de 19 ans, mardi matin, des suites de ses blessures, a entraîné une requalification des faits en « meurtre aggravé par l’état d’ivresse manifeste », crime faisant encourir la réclusion criminelle à perpétuité.
Vendredi, David Touvet a rappelé que « le juge d’instruction est saisi de faits, et non d’une qualification pénale figée », ainsi que de « l’ensemble des circonstances aggravantes qui peuvent s’y attacher ». Ainsi, « si la poursuite des investigations devait établir que le crime a été commis à raison de l’orientation sexuelle de la victime, cette circonstance aggravante supplémentaire pourrait être retenue au cours de l’information », a-t-il expliqué. « C’est précisément l’objet d’une information judiciaire », grâce à des « investigations approfondies ».
Un rassemblement à l’appel de l’association Couleurs Gaies avait rassemblé mardi environ 200 personnes à Metz, selon la presse locale, pour « apporter du soutien par la pensée » aux proches de la victime et pour « dénoncer une nouvelle fois les haines dont sont victimes » les personnes LGBT +. Des proches de la victime, qui ont été témoins de l’agression, ont rapporté à Médiapart avoir entendu, de la part des agresseurs, des insultes homophobes à destination de la victime.
L’agression s’est produite samedi, au petit matin en centre-ville de Metz, dans un contexte d’alcoolisation.
