Des marques sur le visage et des bleus aux bras. Au lendemain de sa nuit en cellule, Andréa Bescond a repris la parole, sur son compte Instagram, en fin de soirée mardi 9 juin, pour fustiger « une nuit en détention arbitraire » . L’actrice, figure de lutte contre les violences faites aux enfants , avait été placée en garde à vue après la manifestation parisienne visant à dénoncer les défaillances de la justice dans l’affaire Lyhanna.
Dans une première publication faite sur les réseaux sociaux après sa détention, Andréa Bescond avait assuré « tout va bien » . Son nouveau post s’accompagne, cette fois, d’une photo témoignant de « marques d’hommes violents » et d’un communiqué de presse de ses avocates dénonçant « fermement cette mesure de détention arbitraire en violation manifeste de tout cadre légal et des droits fondamentaux attachés à une telle mesure de privation de liberté » .
Dans son post Instagram, elle réitère son invitation à Gérald Darmanin. « Vous êtes toujours invité à débattre avec nous après la représentation » , glisse l’actrice à l’intention du ministre de la Justice. La représentation dont elle parle, c’est le spectacle Les chatouilles ou la danse de la colère, qui dénonce les violences sexuelles faites aux enfants et qu’elle joue ce mercredi 10 juin aux Folies Bergères.
Elle exhorte plus largement le ministre à se saisir pleinement de l’affaire Lyhanna et des violences faites aux enfants. « C’est drôle, car Gérald Darmanin est capable de m’écrire en MP pour tenter de nier son incompétence, mais pour s’excuser, non » , déplore l’actrice, qui avait déjà interpellé le garde des Sceaux il y a quelques semaines sur l’aide sociale à l’enfance.
Selon ses avocates, Andréa Bescond a été interpellée « sans ménagement » aux alentours de 21 heures devant le ministère de la Justice lundi 8 juin, avant d’être libérée près de 12 heures plus tard, vers 9 heures, mardi 9 juin. Le rassemblement place Vendôme avait été interdit par les autorités.
« Menottée, malmenée, soumise à plusieurs palpations de sécurité et intimidée, notre cliente a ensuite été conduite et détenue dans un commissariat de police parisien sans que ne lui soient notifiés les motifs et le cadre précis de la mesure dont elle faisait l’objet, la qualification pénale retenue à son encontre, ni les droits attachés à cette mesure - en violation flagrante des dispositions du Code de procédure pénale » , écrivent ses avocates Marie Grimaud et Gwendoline Tenier.
Au cours de sa nuit en cellule, Andréa Bescond « n’aura jamais été auditionnée, ni examinée par le médecin, ni même assistée d’un avocat » , poursuivent-elles. Pourtant, « au regard du récit circonstancié très détaillé que nous a délivré la cliente, il apparaît qu’elle n’a eu de cesse de demander que soit appelée son avocate » , affirment-elles.
« Nous interrogeons les motifs d’interpellation d’Andréa Bescond et les raisons ayant conduit les forces de l’ordre et le parquet à la détenir pendant plus de douze heures dans une cellule de commissariat parisien » , questionnent également Marie Grimaud et Gwendoline Tenier. Les deux avocates exhortent la procureure de la République de Paris « à faire la lumière sur ces événements ».
Sollicité par l’AFP, le parquet a rappelé que le placement en garde à vue était « une décision » de l’officier de police judiciaire, dont le parquet était informé pour « contrôler la régularité » . Dans ce cas, il a indiqué avoir, dès qu’il en avait été avisé par les services de police, « immédiatement » levé la garde à vue, puis classé la procédure car les poursuites « ne paraissai(ent) pas proportionnées » .
