Les élections consulaires, ça vous parle ? Pas de panique si la réponse est non, vous n’êtes probablement pas seul. Instaurées en 2014, ces élections locales réservées aux expatriés français passent habituellement assez inaperçues et suscitent peu d’attrait, y compris auprès des électeurs. Mais cette année, les candidats et aspirants pour 2027 ont au moins deux raisons d’attirer l’attention dessus.
Du 22 au 27 mai par internet ou dans les urnes les 30 et 31 mai, près d’1,8 million d’électeurs sont appelés à élire pour six ans dans 130 circonscriptions à travers le monde 433 conseillers et 77 délégués qui siégeront au sein des « conseils consulaires » présents dans chaque ambassade et consulat. Ces élus se prononcent sur des demandes de bourses scolaires, de subventions aux associations et élisent notamment les 12 sénateurs des Français de l’étranger, dont la moitié sera renouvelée en septembre. Le scrutin est généralement peu suivi : en 2014, seulement 7 % des inscrits s’étaient déplacés ; ils étaient à peine 15 % lors du dernier scrutin en 2021.
Mais cette année, deux échéances électorales donnent à ces élections un intérêt particulier pour les partis. Il y a d’abord les élections sénatoriales prévues en septembre et où le RN et LFI, peu voire pas représentés à ce jour à la Chambre Haute, espèrent constituer un groupe ou au moins faire élire quelques élus. Pour d’autres, comme le parti Horizons d’Edouard Philippe , les élections consulaires sont, avec les municipales, l’occasion de faire le groupe pour peser avec ou contre (selon l’état des relations à l’issue de la campagne présidentielle) le groupe Les Républicains.
Surtout, à un an d’un scrutin présidentiel où la désunion guette tous les camps, « tout échange avec les Français permet évidemment de se faire connaître » , explique à l’AFP l’entourage de Marine Tondelier. La candidate écologiste s’est rendue ces dernières semaines à Londres, Bruxelles et Madrid. C’est « l’occasion de faire coup double : elle participe à des réunions publiques pour soutenir nos candidats » dans ces élections peu connues, mais « elle soigne aussi sa stature internationale avec un certain nombre de rendez-vous diplomatiques » .
La France insoumise ne s’en cache pas non plus. « En votant pour les listes consulaires de la France insoumise, vous allez aussi donner de la force à la France insoumise dans la préparation des élections présidentielle et législatives qui vont avoir lieu l’année prochaine » , insiste ainsi Manuel Bompard dans une vidéo publiée le 22 mai. Le coordinateur national du mouvement s’est même déplacé à Londres pour tenir une réunion électorale.
Dans un format vidéo similaire, Marine Le Pen et Edouard Philippe ont eux aussi glissé quelques allusions à leur candidature, déclarée pour l’un et suspendue à la décision des juges pour l’autre. À votre retour, « vous souhaiterez certainement ne pas retrouver un pays défiguré par l’insécurité, un pays où notre système de santé ou d’éducation sera profondément affaibli, un pays dans la fragilité budgétaire » , a ainsi déclaré l’ancienne la cheffe de file du RN. Edouard Philippe insiste sur « l’importance » du scrutin pour les électeurs mais aussi « pour Horizons ». Et conclut son message par un « à bientôt » comme s’il leur donnait rendez-vous l’année prochaine..
Même l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, qui songe fortement à être candidat, y va aussi de sa vidéo, « Vous êtes trop souvent laissés-pour-compte dans les politiques publiques nationales (...) Je compte sur vous, mobilisez-vous » , plaide-t-il. Il annonce son soutien « aux listes progressistes » qui porte un projet « écologiste, résolument tourné vers l’avenir. » Soit le créneau qu'il tente lui-même d’incarner en vue de 2027.
