Peut-on espérer une baisse prochaine des prix des carburants en France ? Les indicateurs semblent au vert. Après l’annonce d’un accord entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient, les cours du pétrole ont plongé à leur plus bas niveau depuis mars.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord a perdu 4,82 % vers 11 heures ce lundi 15 juin, à 83,12 dollars, peu après avoir perdu plus de 5 %. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, tombait de 5,21 % à 80,46 dollars, peu après être tombé sous la barre des 80 dollars pour la première fois depuis mi-mars.
Washington et Téhéran sont parvenus à un accord pour mettre fin « de façon immédiate et permanente » à la guerre au Moyen-Orient sur tous les fronts, a annoncé dans la nuit le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur clé du conflit. La signature est prévue vendredi à Genève. L’annonce a été confirmée par Téhéran et par le président américain. « J’autorise pleinement la réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain. Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots ! » , a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social.
Emmanuel Macron, qui accueille Donald Trump à Évian ce lundi pour le sommet du G7 , a déclaré que la mission maritime internationale mise en place par la France et le Royaume-Uni était désormais « prête à accompagner » la réouverture du détroit d’Ormuz, la route maritime la plus importante au monde pour le transport du pétrole dont la paralysie avait entraîné une flambée des cours de l’or noir.
Les cours n’ont pas sombré davantage car « le marché était déjà préparé à un accord » , et cela « depuis plusieurs semaines » , indique à l’AFP Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management. En anticipation de la fin des hostilités, les deux références du brut avaient déjà perdu environ un quart de leur valeur depuis un mois.
Kevin Thozet, conseiller en gestion de portefeuille pour Carmignac, entrevoit dans le futur un « pétrole plus bas et donc des taux en baisse » et « moins de craintes sur la croissance, donc des actions en hausse » , a-t-il détaillé à l’AFP.
La question est désormais de savoir combien de temps il faudra pour que la région retrouve une complète stabilité, car « les inventaires doivent maintenant être reconstitués, de nouvelles réserves stratégiques pourraient devoir être formées, et il existe une demande différée », explique Arne Lohmann Rasmussen. Persiste aussi le risque que « les négociations échouent » , ce qui devrait faire remonter la prime de risque du pétrole.
