In vino fermetas. Quelques heures avant l’arrivée au G7 d’Évian de Donald Trump ce lundi 15 juin, Emmanuel Macron a affiché sa fermeté face à son homologue américain, qui a menacé la France d’une nouvelle hausse des tarifs douaniers sur les vins et champagnes. À l’origine de cette nouvelle attaque américaine : une taxe française sur les services numériques qui est réclamée aux entreprises technologiques.
En 2019, la France a instauré une taxe de 3 % sur les revenus réalisés sur son territoire par les entreprises technologiques, y compris les géants américains comme Facebook, Amazon, Apple et Alphabet, maison mère de Google. Un sujet particulièrement sensible pour Donald Trump, qui bénéficie aux États-Unis du soutien des magnats du secteur.
Juste avant de quitter les États-Unis pour la France, le dirigeant américain a donc déclaré au New York Post avoir réclamé à Emmanuel Macron « de ne pas taxer les entreprises américaines » , explique le tabloïd. « S’ils le font, je n’aurai pas d’autre choix que d’imposer une taxe de 100 % sur tous les champagnes et tous les vins en provenance de France » , a-t-il assuré.
Réponse très sèche du président français ce lundi : « Ce n’est pas comme ça que ça marche. » Invité du journal de 13 heures de TF1, Emmanuel Macron a souligné que les États-Unis et l’Union européenne venaient de conclure un accord sur les tarifs douaniers « après des mois de négociation ». « Maintenant, il faut de la stabilité. Les tarifs, ça ne fait du bien à personne, surtout les tarifs entre pays du G7 (...). Ça ne fait du bien ni aux secteurs économiques qui sont touchés chez nous, ni aux États-Unis », a-t-il pointé.
Cette taxe numérique, décidée à l’échelle européenne et mise en application par certains pays dont la France, « fait partie de notre droit. » « Ce ne sont pas les États-Unis qui décident pour le droit européen ni français » , a poursuivi le chef de l’État, promettant une discussion « respectueuse mais ferme » avec le locataire de la Maison Blanche.
Connu pour ses saillies sur les réseaux sociaux et ses décisions intempestives, Donald Trump a déjà promis l’instauration de droits de douane à 200 % sur le vin français, notamment en janvier, face au refus de la France de rejoindre son « Conseil de paix » . Mais ces menaces n’ont jamais été mises à exécution, même si le tarif douanier est passé de 10 à 15 % en 2025 sur les alcools français. De quoi faire relativiser Emmanuel Macron. « Cette menace, on la connaît. On avait à peu près les mêmes au moment du G7 à Biarritz en 2019. On va régler tout ça par le dialogue et la discussion, mais ça ne se passera pas » comme annoncé par le dirigeant américain, a promis le président français.
Au-delà des crises internationales en Ukraine et entre l’Iran, les États-Unis et Israël, Emmanuel Macron entend faire des déséquilibres macroéconomiques (exportations, productions, importations) un sujet central du rendez-vous des sept puissances mondiales.
