Il est en première ligne. Alors que les défaillances judiciaires sont au cœur de l’attention dans l’affaire Lyhanna , le garde des Sceaux Gérald Darmanin reconnaît les « dysfonctionnements » mais assure ne pas en être responsable en s’appuyant sur un argument phare : avec la lutte contre le narcotrafic , celle contre les violences faites aux femmes et aux enfants est, depuis son arrivée place Vendôme, sa priorité.
Sauf que, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article , dans les faits, les consignes données aux magistrats depuis début 2025, sont moins claires que ça. Et c’est bien ce que dénonce une partie des professionnels : « Je vous donne le loisir de choisir parmi l’antisémitisme, les violences faites aux femmes, les enfants, le narcotrafic… Que choisir ? Et en plus, parmi tout ça, il faut qu’on continue le reste de notre activité », explique sur France Info Manon Lefebvre substitut du procureur, secrétaire nationale du syndicat de la magistrature. « Ça n’a jamais été prioritaire ! », s’étrangle pour sa part Lucia Argibay, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature, sur BFMTV.
Dans les faits, la priorité donnée aux violences faites aux femmes et aux enfants est bien présente dans le discours de Gérald Darmanin, dès sa passation de pouvoir avec son prédécesseur Didier Migaud … Mais parmi d’autres priorités. Puis dans sa première « circulaire de politique pénale générale » datée du 27 janvier 2025, et qu’il cite beaucoup aujourd’hui, là encore parmi d’autres directives.
Priorité est donnée au narcotrafic en premier lieu, puis aux « violences faites aux personnes » , comprenant celles faites aux femmes, aux enfants ainsi que les actes antireligieux, les actes homophobes et les violences commises contre les élus, les magistrats, ou encore les soignants et les personnels de santé. Tous sont mis sur le même plan.
Par ailleurs, outre cette circulaire, le ministre s’est montré particulièrement prolifique dans l’envoi de consignes. Comme le rapporte Mediapart , le garde des Sceaux a envoyé près de 114 circulaires aux magistrats depuis début 2025, dont certaines érigent à nouveau d’autres sujets en priorité.
C’est le cas par exemple le 13 août 2025 avec cette circulaire relative à la lutte contre les mariages frauduleux présentée comme « une priorité gouvernementale qui implique une vigilance particulière des parquets » . Ou encore, le 15 avril 2026, dans une circulaire relative au contrôle des conditions d’entrée et de séjour des étrangers en France, dans laquelle le ministre rappelle d’emblée aux magistrats que « l’immigration irrégulière est une priorité du gouvernement. » Encore une.
