Alors que le nom de Christine Lagarde a été évoqué en février pour annoncer un possible départ de son poste à la Banque centrale européenne, la présidente a finalement assuré qu’elle y siégera encore
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, dont le départ anticipé avant l’élection présidentielle française avait été évoqué en février, a assuré lundi 15 juin que « le capitaine du bateau est à bord », mais qu’elle n’hésiterait pas à « s’exprimer » si « l’ancrage de la France au sein de l’UE » paraissait menacé.
La présidente de la BCE était interrogée sur France Culture au sujet de son possible départ anticipé de l’institution, évoqué en février par le Financial Times , afin de permettre que son successeur soit nommé avant l’arrivée au pouvoir éventuelle en France du Rassemblement national en 2027.
« Ce que j’ai pu envisager au mois de février dernier, a expliqué Christine Lagarde, c’était sous l’empire d’une situation » où l’inflation était à sa cible de 2 % en zone euro, de même que le taux directeur, et où « l’euro digital était en bonne voie de législation ».
« Donc je pouvais, avec un certain confort, me dire que la mission était accomplie, que j’avais 70 ans et que finalement, je pouvais peut-être prendre une retraite un tout petit peu anticipée », a-t-elle ajouté. Mais depuis est survenue la guerre au Moyen-Orient, qui a relancé l’inflation et obligé la BCE à remonter ses taux jeudi dernier, alors qu’ils étaient stables depuis juillet 2025.
« J’ai un sens du devoir et je considère que quand il y a un peu de tempêtes, le capitaine reste à bord. Donc le capitaine du bateau Banque centrale européenne, il est à bord », a déclaré Christine Lagarde. « Il est de mon devoir d’accomplir la mission, la stabilité des prix, et pour l’instant c’est ce qui guide mon action », a-t-elle souligné. Elle a dit vouloir « rendre les clés d’une Banque centrale européenne qui aura garanti » cette stabilité.
Mais, « il va de soi que je vais être attentive aux propos des uns et des autres, aux campagnes, aux programmes et que si je m’aperçois que l’ancrage de la France au sein de l’Union européenne était menacé par des incompréhensions, par des velléités de séparatisme, je m’exprimerais », a-t-elle prévenu. « De là à dire que je suis candidate à quoi que ce soit, certainement pas », a-t-elle poursuivi.
Sans désigner de parti, elle a considéré que « quand on fait partie d’un club aussi fondamental que l’Europe, on en respecte les règles, on n’arrive pas en disant je renverse la table, je change tout ».
