L’association de défense du plantigrade Pays de l’ours-Adet préconise le lâcher de 30 nouveaux ours d’ici 2040. Un objectif difficilement tenable, l’État n’ayant toujours pas remplacé les quatre mammifères morts de cause humaine en 2020 et 2021 malgré ses engagements
Pour les anti-ours, c’est trop. Pour les partisans, ce n’est pas suffisant. La barre de la centaine d’ours a été dépassée il y a deux ans dans les Pyrénées. Le bilan annuel de l’Office français de la biodiversité (OFB), publié en mars, confirme cette croissance démographique : « Au moins 108 individus différents ont été d...
Pour les anti-ours, c’est trop. Pour les partisans, ce n’est pas suffisant. La barre de la centaine d’ours a été dépassée il y a deux ans dans les Pyrénées. Le bilan annuel de l’Office français de la biodiversité (OFB), publié en mars, confirme cette croissance démographique : « Au moins 108 individus différents ont été dénombrés sur l’ensemble de la chaîne en 2025. »
Au début des années 1990, dans les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques, on dénombrait quatre ours, au mieux six. Face à ce risque d’extinction, un programme de conservation s’est concrétisé en 1996 avec trois lâchers d’ours slovènes, cinq ours en 2006 et un mâle en 2016. Ces renforcements ont permis de relancer la dynamique démographique malgré la perte de la dernière femelle de souche pyrénéenne en 2004 (Cannelle), lors d’un accident de chasse .
Le gouvernement a autorisé le lâcher de deux ourses (Sorita et Claverina) dans le Béarn en 2018. De quoi régénérer les effectifs occidentaux. Le noyau central reste le plus densément peuplé et le plus dynamique, concentrant la majorité des reproductions annuelles. La population continue son expansion vers le sud et l’est, avec une aire de répartition totale estimée à 7 200 km².
Une des principales actions du plan Ours brun 2018-2028 est la mise en place d’effarouchements de l’ours comme moyen de protection des troupeaux. L’engagement de remplacer tout ours tué par l’homme est écrit noir sur blanc. Promesse non tenue : les quatre plantigrades morts de cause humaine en 2020 et 2021 n’ont pas été remplacés.
Un nouveau plan ours est en gestation pour 2028. L’association Pays de l’ours-Adet préconise le lâcher de 30 ours dans les Pyrénées d’ici 2040. Un chiffre jugé « provocateur » par les éleveurs et « irréaliste » par d’autres associations de protection. En attendant, une étude complémentaire sur les risques de la consanguinité est menée par l’OFB. Les résultats sont attendus fin 2026. La nouvelle préfète chargée du dossier ours a été nommée début mai. Claude Dulamon remplace Thierry Hegay.
