Le gouvernement prévoit 3,2 milliards d’euros de gels de crédits dans le budget 2026, impactant plusieurs ministères régaliens et des programmes de transition écologique
Des ministères régaliens, comme la Justice et l’Intérieur, ou encore le fonds vert pour la transition écologique sont concernés par les 3,2 milliards d’euros de gels de crédits prévus par le gouvernement dans le budget 2026, selon des documents budgétaires consultés.
Après avoir annoncé son objectif d’économiser six milliards d’euros pour compenser le coût de l a guerre au Moyen-Orient , le gouvernement a détaillé la semaine dernière ses coupes budgétaires , avec 3,2 milliards d’euros de crédits gelés et 847 millions d’euros de crédits annulés. Au total, les autorisations d’engagement des ministères, correspondant aux dépenses futures pouvant s’échelonner sur plusieurs années, sont gelées à hauteur de 2,9 milliards d’euros, selon un document de Bercy.
Parmi les secteurs les plus touchés par ces gels, qui rendent les crédits indisponibles à titre conservatoire, la justice est concernée à hauteur de 414 millions d’euros, bien qu’elle soit épargnée par les annulations de crédits. À elle seule, l’administration pénitentiaire voit ses autorisations d’engagement gelées à hauteur de 370 millions. Par ailleurs, 257 millions d’euros d’autorisations sont gelés pour la sécurité, dont 208 millions pour la police. Le programme « immigration et asile » est, lui, amputé de 83 millions d’euros.
Le fonds vert, programme gouvernemental destiné à accélérer la transition écologique dans les collectivités locales, est également visé, avec 163 millions d’euros d’autorisations d’engagement gelées. Autre secteur touché, le travail, à hauteur de 278 millions d’euros, dont 151 millions d’euros d’autorisations d’engagement gelés pour le programme « accès et retour à l’emploi ». La recherche et l’enseignement supérieur seront affectés à hauteur de 241 millions d’euros. Les annulations de crédits, détaillées dans deux projets de décrets, touchent quant à elles particulièrement le travail, le plan d’investissements d’avenir France 2030 ou la recherche.
Il y a « des conséquences très lourdes pour certains postes », a déploré mardi lors d’une conférence de presse le président de la commission des Finances de l’Assemblée, Éric Coquerel, jugeant notamment les économies « absolument considérables » pour le fonds vert, en dépit de l’urgence de la « question climatique ». Si les crédits gelés sont finalement annulés, les coupes pourraient atteindre 25 % pour « Investir pour la France de 2030 » ou 42 % en autorisations d’engagement et 10 % en crédits de paiement pour le fonds vert, déplore-t-il.
Le ministre des Comptes publics David Amiel sera auditionné mercredi par les commissions des Finances du Sénat et de l’Assemblée sur les projets de décrets concernant les annulations de crédits.
