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justicevia France 24··3 min de lecture

Canal+ assigné en justice pour discrimination contre les signataires de la tribune anti-Bolloré

Personnalités citées :Maxime SaadaCatherine PégardMartin Ajdari
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Le contexte

La situation autour de Canal+ et de son dirigeant Maxime Saada a pris une tournure judiciaire suite à des déclarations controversées sur les signataires d'une tribune dénonçant l'influence de l'extrême droite dans le cinéma. Cette tribune, qui a suscité un large soutien, a été publiée en plein festival de Cannes, amplifiant les tensions dans le milieu culturel français.

Ce qu'il faut retenir

La Ligue des droits de l'Homme et la CGT Spectacle ont engagé une action en justice contre Canal+ pour discrimination. Maxime Saada a déclaré ne plus vouloir travailler avec les signataires d'une tribune critiquant l'influence de Vincent Bolloré. Les plaignants estiment que ces propos portent atteinte à la liberté d'expression des signataires. La ministre de la Culture a exprimé des regrets concernant les déclarations de Saada, tandis que des médiations sont proposées pour apaiser la situation.

Ce que ça change

Cette action en justice pourrait avoir des implications significatives pour la liberté d'expression dans le secteur audiovisuel français. Elle soulève des questions sur la responsabilité des dirigeants de médias face aux critiques et sur l'impact de leurs déclarations sur le climat de travail dans l'industrie cinématographique.

L'article complet

Source originale sur france24.com

La Ligue des droits de l'Homme et la CGT Spectacle ont annoncé samedi avoir engagé une action en justice pour discrimination contre Canal+. En plein festival de Cannes, les propos du dirigeant sur les signataires d'une tribune anti-Bolloré ont secoué le monde du cinéma.

"Canal+ comparaîtra devant la justice", ont affirmé la CGT Spectacle et la LDH, samedi 23 mai, jour de clôture d'un festival de Cannes sous tensions. Une action en justice a été engagée à Nanterre dénonçant une discrimination du patron du groupe envers les signataires d'une tribune anti-Bolloré , après avoir annoncé ne plus souhaiter travailler avec eux .

Maxime Saada, président du directoire de Canal+, a fait le "choix brutal de discriminer", accusent l'ONG et la fédération syndicale dans un communiqué. Les propos du patron de la chaîne secouent depuis une semaine le monde du cinéma.

Sollicitée par l'AFP, la direction de la chaîne n'a pas souhaité réagir.

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Dimanche, Maxime Saada avait assuré ne plus vouloir travailler avec les signataires d'un texte qui dénonce "l'emprise de l'extrême droite" sur le cinéma à travers l'homme d'affaires Vincent Bolloré , actionnaire de référence de Canal+.

"Je n'ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de crypto-fasciste", avait lâché un Maxime Saada agacé, dimanche dernier, en plein festival.

En réponse, l'avocat de la CGT Spectacle et de la LDH, Maître Arié Alimi, a commenté auprès de l'AFP : "Il est grand temps que les mondes de la culture et du savoir se coalisent et se révoltent contre l'œuvre réactionnaire du groupe Bolloré. L'action judiciaire est l'un des tremplins nécessaires à cette révolte."

"En stigmatisant publiquement les signataires d'une tribune relevant du débat d'intérêt général, les propos de Maxime Saada sont susceptibles de porter atteinte à l'exercice effectif de leur liberté d'expression, en créant un climat dissuasif propre à décourager toute prise de parole critique au sein du secteur audiovisuel et culturel", détaillent le syndicat et l'ONG dans cette assignation au civil, que l'AFP a pu consulter.

Dans ce texte, les demandeurs sollicitent du tribunal judiciaire de Nanterre qu'il "enjoigne à la société Canal+ de s'abstenir de toute mesure d'exclusion, de refus de collaboration, de discrimination à l'encontre des signataires de la tribune".

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La tribune et sa réponse ont secoué le monde du cinéma en plein festival de Cannes : de 600 signataires au moment de la publication de la tribune, ses auteurs revendiquaient jeudi sur Instagram plus de 3 800 signataires.

Certains, à l'instar de l'actrice Anna Mouglalis, ont comparé la "liste noire" des signataires à une forme de "maccarthysme", du nom de la "chasse aux sorcières" anticommuniste menée aux États-Unis durant la guerre froide.

Dans cette tribune, le rôle clé de Canal+ dans la production et la distribution cinématographique française est pourtant rappelé.

Côté production, Canal+ s'est engagé à investir 160 millions d'euros en 2026 et 170 millions en 2027 dans le cinéma français, après 150 millions en 2025, en recul toutefois par rapport aux 220 millions investis les années précédentes.

Canal+ est présent à toutes les étapes de la vie d'un film, de son préfinancement jusqu'à sa distribution et son exploitation en salle.

Le groupe a ainsi acquis en septembre 34 % du capital d'UGC, le réseau de salles qu'il espère contrôler dans sa totalité à partir de 2028.

À voir aussi Éric Fottorino : "L'enjeu pour Bolloré, c'est de faire triompher les idées d'extrême droite"

Interrogée mardi lors des questions au gouvernement, la ministre de la Culture Catherine Pégard a dit regretter la déclaration de Maxime Saada : "Au milieu des inquiétudes et des critiques des professionnels, inquiétudes légitimes, je voudrais que la raison et le dialogue puissent l'emporter sur les menaces", a-t-elle ajouté.

Le président de l' Arcom, Martin Ajdari, a émis le souhait de voir la situation s'apaiser. "Je pense qu'il y a quand même de nombreux acteurs qui doivent se parler, redescendre un peu après la vivacité des polémiques", a-t-il déclaré.

Dans le même temps, la Société des réalisateurs et réalisatrices de films (SRF), qui regroupe 500 cinéastes, a proposé une médiation entre les signataires de la tribune et les équipes cinéma de Canal+.

Texte extrait depuis l'article original sur france24.com. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur france24.com.

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