Alors que la France entame sa première vague de chaleur de l’année, le mercure grimpe déjà dans les villes de la région avec des pointes enregistrées à Agen, Mont-de-Marsan, Bergerac et Bordeaux
V ingt-six départements sont placés en vigilance orange canicule à partir de jeudi 18 juin avec l’intensification d’une vague de chaleur qui déferle sur la France et pourrait culminer à 40 °C localement ces prochains jours . Ces départements couvrent une large zone allant de la région parisienne au Puy-de-Dôme et la Haute-Savoie, précise Météo-France dans son bulletin de 16 heures. La région Nouvelle-Aquitaine reste pour l’instant en vigilance jaune.
« Les températures augmentent sur le pays jour après jour jusqu’en fin de semaine », prévient Météo-France. Mercredi, l’établissement a relevé 37,3 °C à la fois à Vinsobres (Drôme), Lavaur (Tarn) et Saint-Côme-d’Olt (Aveyron). Dans le Sud-Ouest, le mercure a affiché jusqu’à 36,8 °C à Agen (Lot-et-Garonne), 35,9 °C à Mont-de-Marsan (Landes), 35,8 °C à Bergerac (Dordogne) ou encore 35,2 °C à Bordeaux (Gironde).
L’indicateur thermique national, une moyenne quotidienne de températures diurnes et nocturnes, a atteint 23,6 °C, selon une valeur provisoire, faisant officiellement débuter la vague de chaleur, à laquelle les météorologues donnent une définition précise. Avec un nouvel afflux d’air chaud en fin de semaine, « les 40 °C pourraient être atteints sur plusieurs régions de l’Ouest à la vallée du Rhône, voire en Île-de-France » dimanche – jour de la Fête de la musique – et lundi.
La France va subir sa première vague de chaleur de l’année, la 52 e depuis 1947, alors que les occurrences se multiplient sous l’influence du changement climatique alimenté par l’utilisation massive des énergies fossiles. En Europe, l’Espagne et le Royaume-Uni sont aussi sous la menace de très fortes températures.
C’est le deuxième épisode de chaleur en quelques semaines qui touche la France, frappée en mai par des températures inédites pour le mois. Le pays est confronté à « des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses aussi, signe manifeste du changement climatique », souligne Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France.
La canicule touche aussi les épreuves du baccalauréat. Mercredi et jeudi sont les jours d’épreuves de spécialités en terminale. Mais le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a annoncé mardi que les oraux du bac pourraient être reportés localement, de « quelques heures ou de quelques jours ». Dimanche, il avait déjà affirmé souhaiter qu'« aucun examen » ne se déroule les après-midi. « On est dans l’impréparation la plus totale », dénonce pourtant François Tessier, professeur d’histoire-géographie dans un lycée de Vierzon (Cher) et président du Snalc Orléans-Tours, selon qui « on n’a rien », excepté « quelques bouteilles d’eau » et « éventuellement un malheureux ventilateur par salle ».
Les fortes chaleurs ralentissent aussi l’activité économique, notamment la production d’électricité. EDF envisage ainsi des baisses de production dans deux centrales nucléaires de la région Auvergne/Rhône-Alpes, au Bugey (Ain) et à Saint-Alban (Isère), pour limiter le réchauffement du Rhône.
Sur les rails, plusieurs lignes sont affectées. En prévision de pannes potentielles de climatisation, la SNCF a supprimé jeudi et vendredi plusieurs trains Intercités.
Dans la nature, les oiseaux ou les petits mammifères peinent à réguler leur température quand la chaleur devient accablante. Et le printemps, « moment de l’élevage des jeunes », représente « une phase critique », souligne Grégoire Loïs, ornithologue au Museum national d’histoire naturelle. « Un événement d’extrême thermique en septembre n’a pas le même impact qu’au mois de mai ou juin », remarque le scientifique.
Critiqué par l’opposition pour son « impréparation » lors du précédent épisode de chaleur, le gouvernement entend montrer sa mobilisation. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a présenté mercredi un « premier bilan » du Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), censé préparer la France à un réchauffement pouvant aller jusqu’à + 4 °C d’ici 2100.
« La France se place comme l’un des pays pionniers en matière d’adaptation » mais « pour autant, le chemin que nous devons parcourir est très long », a-t-elle dit. À cette occasion, son collègue de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a annoncé une série de mesures pour accélérer l’adaptation des logements : facilités pour installer stores et volets dans les copropriétés ou TVA réduite pour les pompes à chaleur air/air.
