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Le projet d’élevage de milliers de saumons en circuit fermé au Verdon-sur-Mer, au bout de l’estuaire de la Gironde, mené par la société Pure Salmon, fait l’objet d’une opposition de la part d’une centaine de députés.
Le ministre délégué à l'Industrie, Sébastien Martin, a estimé mardi que le projet girondin d'élevage de milliers de saumons en circuit fermé n'avait «aucune raison» de ne pas aboutir, deux mois après un avis «personnel» défavorable de la ministre de la Transition écologique. «L'ensemble des procédures administratives, et notamment au titre du droit à l'environnement, sont en cours (...). Dès lors que le projet respecte notre cadre, et je crois que c'est plutôt le cas, il n'y a aucune raison qu'il ne se fasse pas» , a indiqué à la presse le ministre en déplacement à Bordeaux, en soulignant que sa collègue Monique Barbut s'était exprimée «à titre personnel» et pas au nom du gouvernement.
La société Pure Salmon veut implanter son usine au Verdon-sur-Mer, au bout de l'estuaire de la Gironde, pour produire 10.000 tonnes de saumon par an, en créant 400 emplois. Financée par un fonds d'investissement singapourien, elle défend «un enjeu de souveraineté alimentaire» , alors que 99% du saumon consommé en France est importé. Mais une proposition de loi, soutenue par une centaine de députés, réclame un moratoire de dix ans sur ces «fermes-usines» de saumons.
Dans un appel pour l'océan, 27 ONG ont aussi dénoncé un projet «complètement démesuré» . Selon elles, gourmand en eau et en énergie, il menace l'écosystème du plus grand et plus sauvage estuaire d'Europe, qui pâtirait des rejets de boues au détriment de la pêche et de la conchyliculture. La société, elle, affirme que sa «technologie éprouvée» garantit «un impact maîtrisé sur la biodiversité» , que «le bien-être animal est au cœur du projet» et que son approvisionnement obéit à des «normes strictes» , assurant aux saumons une alimentation «responsable et traçable» .
Après un premier avis favorable de la commission d'enquête publique, un deuxième doit être rendu par le conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst), avant que le préfet ne délivre ou non une autorisation environnementale. Le 15 avril, la ministre de la Transition écologique s'était dite «à titre personnel, pas favorable» lors d'une audition au Sénat. «Je me bats pour trouver des vrais projets d'aquaculture dans des rivières, au bord de nos côtes» mais, «ce n'est pas un projet d'aquaculture» , s'agissant de «cuves posées sur terre» , avait plaidé Monique Barbut, pointant aussi la nécessité de nourrir les saumons avec du poisson pêché «sur toutes les côtes ouest d'Afrique» .
