Il fera très chaud au meeting de Gabriel Attal samedi 30 mai, mais les nouvelles intentions de vote diffusées à la veille du rendez-vous ont de quoi refroidir l’ambiance. Dans un sondage Toluna Harris Interactive publié ce vendredi, où il est testé pour la première fois depuis l’officialisation de sa candidature, le numéro 1 du parti Renaissance se voit devancer dans son duel avec Édouard Philippe et sans certitude d’accéder au second tour même dans la configuration la plus favorable.
L’enquête réalisée pour M6/RTL teste cinq configurations de premier tour : une où Gabriel Attal et Édouard Philippe sont tous les deux sur la ligne de départ, et quatre où l’un des deux s’est retiré de la course au profit de l’autre. Dans le premier scénario, Édouard Philippe (13 %) devance de quatre points son lointain successeur à Matignon (9 %). Pas l’idéal pour Gabriel Attal dont le principal enjeu de début de campagne est de devancer le Havrais.
Cette absence de ralliement permettrait à Jean-Luc Mélenchon de se qualifier au second tour pour un duel avec le RN. C’est le pire scénario pour Gabriel Attal qui a conditionné son désistement avant le premier tour à ce cas de figure.
Deuxième et troisième configurations : Édouard Philippe se retire de la course, Gabriel Attal devient l’unique candidat de son camp. Problème, cela ne lui permet pas non plus de se qualifier de façon certaine pour le second tour. Dans l’hypothèse où Jordan Bardella est le candidat du RN (34 %), Gabriel Attal ne récolte que 14 % des suffrages, derrière Jean-Luc Mélenchon (15 %). En cas de candidature de Marine Le Pen, l’ancien Premier ministre gagnerait un petit point (15 %), ex aequo avec l’Insoumis. Avec une marge d’erreur « de plus ou moins 1,4 et 2,9 points » selon la notice du sondage, la possibilité d’un second tour RN/LFI existe.
Comme tout sondage sur des intentions de vote, ces estimations sont à prendre avec des pincettes, surtout à un an du scrutin. Mais elles tombent mal pour Gabriel Attal, à la veille de son meeting et alors que son premier enjeu de campagne est justement de s’imposer face à Édouard Philippe pour son camp. Les chiffres ont jusqu’à présent toujours donné un avantage à Édouard Philippe, malgré une baisse récente .
Le maire du Havre peut notamment se vanter d’être le seul candidat à avoir été donné gagnant face au RN au second tour, selon une enquête parue fin mars . Dans celle de Toluna pour M6, aucun des deux anciens Premiers ministres n’y parvient, même si l’institut met là encore en garde sur l’interprétation de ces données, expliquant qu’ « à onze mois du scrutin, une forte part des Français indiquent qu’ils privilégieraient l’abstention ou le recours à un vote blanc ou nul » , entre 26 % et 35 % selon les hypothèses.
