Le choc des photos. Le magazine Paris Match pensait sans doute publier de banales photos volées, comme il en a l’habitude depuis plusieurs décennies. Mais cette fois, elles ont rencontré un écho inattendu. Et pour cause : sur le papier, les images révélées le 21 mai dans la soirée pourraient valoir au député UDR Charles Alloncle jusqu’à trois ans de prison et 45 000 euros d’amende.
Sur ces clichés, l’élu d’extrême droite qui a connu son quart d’heure de gloire avec la commission d’enquête sur l’audiovisuel public , apparaît dans les rues de la capitale aux côtés d’une jeune femme. « Moment de détente parisienne pour Charles Alloncle et sa compagne », titre le magazine, qui évoque une anodine « balade en amoureux » . Plutôt flatteur pour un homme présenté dans l’article comme « la révélation politique de cette année 2026 ».
Mais quelques heures après sa mise en ligne, l’article a été modifié, et la compagne du député est devenue une simple « amie » . Il se trouve que Shéhérazade Khandani est aussi la collaboratrice parlementaire du député, et ce, depuis le mois de janvier 2025, si l’on en croit son profil LinkedIn. Un mélange des genres, s’il était confirmé, interdit depuis la loi de confiance dans la vie politique, votée dans le sillage de l’affaire Fillon. On se souvient des critiques formulées contre l’ex-Premier ministre, accusé d’avoir fait bénéficier à sa femme Pénélope d’un emploi fictif et finalement condamné pour cela.
Désormais, un député ne peut plus embaucher l’un des membres de son « premier cercle familial ». Sont concernés les conjoints, les partenaires pacsés mais aussi les concubins.
Les choses auraient pu en rester là mais la sortie de Paris Match a pris un nouveau tournant ce vendredi. Selon Libération et Le Parisien , la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a effectivement saisi le déontologue de l’institution, Rémi Schenberg. Son rôle ? « Procéder aux vérifications » , dans cette affaire.
Auprès du quotidien de gauche, Charles Alloncle regrette que ces « photos volées jettent en pâture une femme sans aucune forme de contradictoire ». Il assure que des photographes le suivent dans tous ses déplacements « depuis plusieurs semaines, plusieurs mois » , « jusqu’à la porte » de son domicile. Le député proche d’Éric Ciotti jure n’avoir pas été prévenu par le magazine de la publication des clichés, et dit vouloir « attaquer en justice » et « faire condamner lourdement et rapidement ce type de méthodes ».
Quant à sa relation avec Shéhérazade Khandani, il n’en dit pas plus, assurant simplement qu’elle « n’a rien à voir avec ce que la loi interdit ». À en croire Mediapart , auprès de qui la principale intéressée dément être « en concubinage » avec l’élu et dénonce elle aussi « des photos volées », un malaise s’est installé au sein du groupe UDR à l’Assemblée. De nombreux députés ont découvert la relation qu’entretient leur collègue avec sa collaboratrice parlementaire, via la publication de Paris Match .
L’article mis en ligne a été signé par « Anne Tucoy », un pseudo déjà plusieurs fois utilisé, encore récemment au sujet de la liaison entre Jordan Bardella et la princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles.
