Il avait tout tenté, y compris écrire au président de la République pour plaider la cause de sa ville, mais Éric Ciotti a dû s’y résoudre : les épreuves sur glace des Jeux olympiques d’hiver 2030 n’auront pas lieu à Nice. Les organisateurs lui ont préféré Lyon.
De quoi provoquer la colère du maire d’extrême droite, élu en mars dernier pour succéder à Christian Estrosi. « Ce soir, c’est définitif. Nous n’aurons pas ces Jeux, parce qu’il y a eu de la manipulation, de la mauvaise foi, des intérêts financiers qui se sont mobilisés, des puissances de l’argent qui ont voulu autre chose » , a dénoncé Éric Ciotti vendredi 29 mai au soir, depuis le stade où l’OGC Nice a sauvé sa place en Ligue 1.
Une sortie vibrante, qui occulte toutefois une large partie de l’affaire. Car Éric Ciotti oublie surtout de rappeler qu’il n’est pas étranger à cette décision . En effet, l’édile avait refusé qu’une patinoire provisoire soit installée à l’Allianz Riviera, arguant que l’OGC Nice ne devait pas être privé de stade pendant plusieurs mois. Il n’avait pas non plus su trouver d’alternative pour les épreuves de hockey masculin. D’où la décision des organisateurs.
« Cette décision est honteuse, scandaleuse, politicienne. On a préféré une ville d’extrême gauche à Nice pour sanctionner les Niçois » , fulmine avec un brin de mauvaise foi Éric Ciotti, suggérant que le report s’est fait sur des critères politiques. Pour rappel, à Lyon, le maire écologiste Grégory Doucet a été réélu pour un deuxième mandat en mars.
À l’origine, la cinquième ville de France, que dirige Éric Ciotti, devait accueillir le hockey, le patinage artistique, le curling, le short-track ainsi qu’un village olympique, en plus de la cérémonie de clôture. Mais certains n’ont pas manqué l’occasion de lui rappeler qu’il y est pour quelque chose dans ce retrait. L’ancien premier adjoint de Christian Estrosi, Anthony Borré, a dénoncé sur les réseaux sociaux « un gâchis historique » et pointé du doigt le « dogmatisme » d’Éric Ciotti.
Dans son discours vendredi soir, le maire UDR soutenu par le Rassemblement national est revenu sur son opposition à la construction d’une patinoire provisoire, tentant au passage de minimiser l’impact du revirement des organisateurs. « L’immobilisation de l’Allianz, c’est neuf mois. Christian Estrosi avait dit deux matchs. Il a menti, on a trompé les Niçois. Je me suis battu pour avoir ce stade à destination de notre club. On n’aura pas les JO, ça n’est pas grave. »
Avant de tomber, lui aussi, dans un discours « politicien » : « Renaud Muselier [président de la région Paca] a voulu tuer l’OGC Nice. Il s’est vendu pour que les JO soient à Lyon. Estrosi a voulu tuer notre club. Mais on est là, debout. On a gagné, on est fiers, on gagnera d’autres défis. » Une référence au club local, doté d’un budget important, qui n’a sauvé sa place en Ligue 1 que sur le fil, au terme d’un barrage contre Saint-Étienne. Puis d’ajouter, comme pour caresser les supporters dans le sens du poil : « Pour avoir les Jeux, selon les Marseillais et les Parisiens, il aurait fallu tuer l’OGC Nice. Je n’ai pas voulu tuer l’OGC Nice. »
L’opposition de gauche, elle, s’est réjouie de l’annonce des organisateurs. Juliette Chesnel-Le Roux, conseillère municipale écologiste et tête de liste PS-PCF-Verts aux dernières municipales, a fustigé auprès de l’AFP « une absurdité écologique, financièrement intenable pour la ville » . Ajoutant : « Heureusement qu’il y a eu un peu de raison parce qu’on ne va pas dépenser l’argent des Niçois pour un tel projet. À Lyon, ils ont déjà des équipements, il y aura certainement moins de dépenses » .
