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Reportage La banalisation des idées d’extrême droite infuse également dans les rangs syndicaux. A Sochaux, haut lieu déclinant de l’histoire industrielle française, les militants CGT tentent d’endiguer ce phénomène en misant sur la transmission.
« Triste journée » , se souvient Aurore Boussard. Ce 22 mars 2024, près de 2 000 personnes sont venues écouter Jordan Bardella , alors candidat du Rassemblement national (RN) aux élections européennes, flatter, dans la salle de La Roselière à Montbéliard, la « France du travail » : celle des ouvriers, des intérimaires, celle des « dépossédés » . A quelques kilomètres de là, le contre-rassemblement syndical n’a pas fait le plein. Deux ans plus tard, la militante CGT, qu’on rencontre à la Maison des Syndicats d’Audincourt, la commune voisine, en garde un goût amer : « Quand j’ai vu tous ces jeunes du coin venus pour l’applaudir, j’ai eu mal au cœur. »
Fille de cégétistes, l’ouvrière de 43 ans, secrétaire du syndicat CGT Stellantis-Sochaux, travaille depuis 2007 dans cette usine à cheval entre Sochaux et Montbéliard, qui fut un temps la plus grande de France avec 44 000 salariés. De restructurations en modernisations, de fermetures d’ateliers en e…
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