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gouvernementvia Le HuffPost··4 min de lecture

Comment le cas Xenia Fedorova met le gouvernement sous pression

Personnalités citées :Laurent NunezArthur DelaporteMaud BregeonJean-Noël BarrotRaphaël GlucksmannSacha HouliéAnnie Genevard
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Le contexte

Xenia Fedorova, ancienne directrice de RT France, est devenue une figure controversée en raison de ses positions pro-Kremlin. Son titre de séjour en France, accordé en 2024, suscite des interrogations et des critiques au sein du gouvernement et de l'opposition. La chaîne RT France est interdite dans l'UE depuis mars 2022, ce qui renforce les tensions autour de sa présence en France.

Ce qu'il faut retenir

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a été interrogé sur la possibilité d'expulser Xenia Fedorova, qualifiée de propagandiste du Kremlin. Il a évoqué la nécessité de preuves de troubles à l'ordre public pour justifier une telle action. Plusieurs députés, dont Arthur Delaporte et Sacha Houlié, ont exprimé leur mécontentement face à l'inaction du gouvernement. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a été critiquée pour avoir dîné avec Fedorova, ce qui a alimenté les accusations de faiblesse du gouvernement face à l'influence étrangère.

Ce que ça change

Cette situation met en lumière les tensions autour de la gestion des discours pro-Kremlin en France et soulève des questions sur la sécurité nationale. Les critiques croissantes envers le gouvernement pourraient influencer sa stratégie face à des figures controversées comme Fedorova. Cela pourrait également avoir des répercussions sur la perception de la liberté d'expression en France, notamment en ce qui concerne les personnalités liées à des régimes étrangers.

L'article complet

Source originale sur huffingtonpost.fr

Son nom ne vous disait probablement rien il y a quelques jours, mais Xenia Fedorova est bel et bien devenue l’objet de toutes les controverses. Cette ancienne directrice de la chaîne russe RT en France, désormais chroniqueuse sur CNews et Europe 1, va jusqu’à mettre le gouvernement dans une position embarassante.

Lors de la séance de questions au gouvernement ce mardi, le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez été mis sur le gril. Le député PS Arthur Delaporte lui a demandé s’il comptait « engager une procédure d’expulsion » contre Xenia Fedorova, qualifiée de « propagandiste du Kremlin » et « d’agent déstabilisatrice » . « Allez-vous saisir le Procureur de la République ou l’Arcom pour mettre en demeure la chaîne CNews ? » , a aussi interrogé le socialiste.

Assurant que le titre de séjour de dix ans qui a été accordé à la chroniqueuse en 2024 était « une procédure purement administrative » derrière laquelle il ne fallait chercher « aucune intervention » politique, Laurent Nunez s’est contenté d’une réponse plutôt floue : « S’il devait y avoir menace ou trouble à l’ordre public, nous en tirerons toutes les conséquences » .

Sous pression, le patron de Beauvau a poursuivi son argumentaire en mettant en avant « l’État de droit » : « Lorsqu’il y a trouble à l’ordre public, nous sommes légitimes à retirer le titre de séjour voire à diligenter une procédure d’expulsion. Mais pour cela, il faut que les éléments soient réunis. On ne peut pas faire n’importe quoi » . Une réponse qui n’a visiblement pas plu au député, qui aurait aimé des engagements plus fermes.

D’autant que RT France, chaîne qu’a dirigée Xenia Fedorova, est interdite dans l’Union européenne depuis mars 2022 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Dans les médias où elle intervient, la chroniqueuse défend systématiquement les positions du Kremlin. À Canal+, qui l’emploie, on en fait un enjeu de « liberté d’expression » .

Depuis plusieurs jours, le gouvernement est sous un feu nourri de critiques, accusé de ne pas trouver la bonne riposte face aux discours de l’ex-directrice de RT France. La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a bien tenté de pointer les « propos très graves » de Xenia Fedorova, qui « inversent complètement la charge de la preuve sur les responsabilités entre la Russie et l’Ukraine » . Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot l’a lui aussi qualifiée de « propagandiste » . Sans parvenir à convaincre, faute d’acte concret.

Sur BFMTV mardi matin, le député européen Raphaël Glucksmann a lui aussi interpellé le gouvernement, lui enjoignant d’expliquer « comment Xenia Fedorova a pu obtenir un titre de séjour de dix ans, quand on sait les difficultés » que rencontrent les demandeurs d’asile en général pour se voir attribuer ce sésame. Le patron de Place Publique qualifie, lui, Xenia Fedorova de « propagandiste anti-française » et estime qu’elle est au service de Vladimir Poutine, « qui menace l’ensemble du continent européen » .

L’un de ses proches, le député Sacha Houlié, va plus loin et demande au gouvernement de lui « retirer son titre de séjour » . « Elle doit être expulsée sans délai » , juge l’élu de la Vienne, car « elle se rend coupable d’ingérences étrangères en France et menace ainsi les intérêts fondamentaux de la Nation » . Si cette atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation était caractérisée, elle suffirait à être considérée comme « menace à l’ordre public » et donc à justifier un retrait du titre de séjour de Xenia Fedorova.

Comme pour enfoncer le clou, Sacha Houlié ajoute : « Le gouvernement - dont l’une des ministres a récemment dîné avec elle - se rend coupable d’une faiblesse aussi dangereuse qu’intolérable » . Voilà une information révélée par Le Monde dont se serait bien passé l’exécutif, dans ce contexte délicat : la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a participé aux agapes organisées par Vincent Bolloré fin mai à Paris. Autour de la table, se trouvait… Xenia Fedorova.

Auprès de Libération , l’entourage de la ministre a tenté de déminer sa présence au dîner, jurant qu’elle s’y est rendue « à titre personnel dans un cadre informel d’échange et de réseau ». Façon de ne pas inculper tout le gouvernement, alors que Sébastien Lecornu lui a demandé des explications. En retour, certains élus de La France insoumise ont estimé qu’Annie Genevard avait « fait honte à la République » en se rendant à ce dîner.

À noter que s’il est reconnu que la chroniqueuse de CNews exerce bien une « influence étrangère » , elle le ferait de manière illégale puisque la loi l’oblige à se déclarer auprès de la HATVP, qui répertorie « les personnes agissant pour le compte d’un mandant étranger » . Ce qu’elle n’a pas fait, selon ses détracteurs. Elle s’exposerait alors à une amende de 45 000 euros et à une peine de trois ans de prison.

Texte extrait depuis l'article original sur huffingtonpost.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur huffingtonpost.fr.

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