Après huit années d’enquête, l’information judiciaire sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon en 2017 a été clôturée début mai. Au total, trois personnes physiques sont mises en examen ainsi qu’une personne morale, l’association l’Ère du peuple.
Près de dix ans après les faits, l’information judiciaire sur les comptes de campagnes de Jean-Luc Mélenchon en 2017 touche à sa fin. Terminée au début du mois de mai, l’enquête débouche donc sur quatre mises en examen au total, selon les éléments recueillis par l’Agence France-Presse (AFP), confirmant une information du Monde .
La justice soupçonne Mediascop, la société de conseil en communication de l’actuelle députée de Paris Sophia Chikirou , d’avoir surfacturé certaines prestations lors de la campagne présidentielle du candidat de La France Insoumise (LFI) en 2017, soit une possible escroquerie au préjudice de l’État s’agissant de dépenses de campagne remboursées par l’argent public.
Une enquête avait été ouverte à Paris en avril 2018, nourrie de signalements de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) puis de la cellule de renseignement financier Tracfin. En octobre la même année, le parquet avait diligenté des perquisitions spectaculaires, au siège du parti, chez le leader de LFI et de nombreux collaborateurs, déclenchant l’ire du parti de gauche.
Début novembre 2018, le dossier avait été confié à des juges d’instruction, aboutissant à des premières mises en examen au printemps 2021, de l’association l’Ère du peuple et de la mandataire financière Marie-Pierre Oprandi principalement pour prêt illicite de main-d’œuvre, loin des soupçons d’escroquerie et de surfacturations initialement évoqués, ce que le parti avait alors vu comme une victoire.
La justice avait finalement alourdi les charges, mettant en examen en septembre 2021 le député LFI de Seine-Saint-Denis Bastien Lachaud, salarié en 2017 en tant que trésorier de l’Ère du peuple, notamment pour prêt illicite de main-d’œuvre, faux, escroquerie et tentative d’escroquerie. En février 2022, l’association elle-même avait vu ses poursuites aggravées, avec l’ajout des infractions d’escroquerie et tentative d’escroquerie aggravée, faux et usage de faux.
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Selon un rapport d’enquête de mai 2022 dévoilé par Mediapart et dont l’AFP a eu connaissance, Mediascop avait vu sa rentabilité passer de 12 % pour la présidentielle 2012 à 22 % pour celle de 2017, un niveau « supérieur » à des entreprises similaires, même si les experts soulignaient que la comparaison était « difficile » .
En septembre 2024, Sophia Chikirou a été mise en examen pour escroquerie aggravée , abus de biens sociaux et recel d’abus de confiance. Maintenant que les investigations sont terminées, le parquet doit prendre ses réquisitions puis le juge trancher sur la tenue d’un procès ou non. Mais plusieurs éléments font dire aux insoumis qu’ « aucun procès » n’aura lieu.
D’abord, « le candidat Jean-Luc Mélenchon et le directeur de campagne Manuel Bompard n’ont été ni entendus par les juges au cours de l’instruction ni mis en examen » , a souligné le mouvement politique. Ensuite, « la contre-expertise » demandée par Mediascop a, selon LFI, « démontré clairement qu’il n’y avait eu aucune surfacturation » . Un autre dossier judiciaire parisien, dit des assistants parlementaires, a aussi récemment été clôturé, sans personne mis en examen.
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Comptes de campagne de LFI en 2017 : quatre mises en examen prononcées à l’issue des investigations
