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Parmi les mesures de soutien aux publics les plus touchés par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement a annoncé ce jeudi un doublement du plafond de cette aide, ainsi qu’une simplification de ses conditions d’accès.
Soutenir les millions de salariés affectés par la flambée des prix des carburants sans creuser davantage le trou béant du déficit public : c’est l’exercice d’équilibriste auquel s’est livré ce jeudi le gouvernement. Entre autres mesures de soutien aux publics les plus touchés par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient , il a notamment annoncé devant la presse un doublement de la «prime carburant employeur» pour les salariés. L’objectif : inciter les entreprises à verser une aide financière, ponctuelle et facultative, à leurs collaborateurs qui ne peuvent se passer de leur véhicule pour se rendre au travail. De quoi s’agit-il concrètement et qui peut en profiter ? Le Figaro fait le point.
Pour rappel, la «prime carburant employeur» est une aide facultative que les entreprises peuvent verser à leurs salariés - CDI, CDD, intérimaires, apprentis ou stagiaires - qui ne disposent pas d’une offre de transports en commun adaptée, afin de couvrir une partie de leurs dépenses d’essence ou de gazole - ou d’électricité pour les véhicules hybrides rechargeables ou électriques. Son principal atout, pour les employeurs comme pour les salariés, tient à son régime social et fiscal : la prime, plafonnée jusqu’ici à 300 euros, est exonérée de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu, dans la limite du plafond fixé, et peut se cumuler avec le «forfait mobilité durable» pour ceux qui complètent leurs trajets à vélo ou en covoiturage.
Jusque-là, elle était réservée aux personnes qui pouvaient prouver l’absence d’alternative en transports collectifs, avec environ 1,5 million de bénéficiaires. Double changement à partir de juin, annoncé ce jeudi par le ministre des PME et du Commerce Serge Papin : d’une part, la condition d’absence de transports collectifs est supprimée. D’autre part, le plafond de la prime est doublé, passant de 300 à 600 euros par an. Sachant qu’elle reste totalement exonérée : pas de cotisations sociales pour l’employeur, pas d’impôt sur le revenu pour le salarié. En pratique, on passe d’une niche de 1,5 million de bénéficiaires potentiels à la quasi-totalité des salariés, même si rien n’oblige les entreprises à verser cette prime.
Pour le gouvernement, l’intérêt est clair : inciter les entreprises à mettre la main à la poche sans alourdir, ou presque, des finances publiques déjà exsangues. Fidèle à son objectif de maintenir des aides «temporaires» et «ciblées sectoriellement» , le premier ministre Sébastien Lecornu l’a martelé ce jeudi : «On ne va pas changer de stratégie.» Reste à savoir combien d’employeurs joueront le jeu et jusqu’où ils iront dans le montant de la prime, dans un contexte où beaucoup de PME voient elles aussi leurs coûts exploser.