Xenia Fedorova, ancienne directrice de la chaîne russe pro-Kremlin Russia Today France (RT France), suscite une polémique croissante dans les milieux politiques et médiatiques en France. Devenue chroniqueuse sur les plateaux de CNews et d’Europe 1 – médias du groupe Bolloré – depuis la fermeture de la chaîne, elle est accusée par ses détracteurs d'y relayer la propagande de Moscou. Le 3 juin, une manifestation était organisée devant le siège du groupe Lagardère, qui accueille les deux médias.
Mercredi 3 juin ,en fin de journée, une manifestation s'est tenu devant le siège du groupe Lagardère, qui chapeaute CNews et Europe 1, à l'initiative de l'eurodéputé Raphaël Glucksmann. Le chef de file du parti de gauche Place publique, candidat à la présidentielle de 2027, avait appelé, plus tôt dans la semaine, à ce qu'on « coupe le micro » de la chroniqueuse Xenia Fedorova.
Une centaine de personnes environ a répondu à l'appel. Parmi elles, des Russes , des Ukrainiens, des citoyens, des responsables politiques... Tous réclamaient, selon les organisateurs, un sursaut politique et médiatique face à Xenia Fedorova, qu'ils accusent d'être une propagandiste du Kremlin.
L'ancienne directrice de RT France est « encore trop impunie », estime Olga, membre de l'association Russie Liberté. « Ce que nous demandons, c'est de la mettre sous sanctions », explique-t-elle. Elle appelle également l'Arcom, le gendarme de l'audiovisuel en France, à « rappeler à l'ordre les médias qui donnent la possibilité à Xenia Fedorova de déballer des fausses informations ».
Autre sujet dénoncé par les manifestants : la prolongation du titre de séjour de Xenia Fedorova jusqu'en 2034, alors qu'elle dirigeait auparavant un média interdit en France . Florent Murer, président de l'association pro-ukrainienne Kalina, estime que son titre de séjour pourrait être remis en cause « s'il y a effectivement les conditions d'un trouble à l'ordre public ». Et pour lui, Xenia Fedorova représente « très clairement » un trouble à l'ordre public.
Le week-end dernier, une tribune publiée dans le Journal du dimanche , également détenu par le groupe Bolloré, invoquait la pluralité de l'information pour défendre celle qui est présentée comme journaliste. Un argument rejeté par Cyril Amourski, journaliste russe qui a couvert le front ukrainien . « Le journalisme, c'est de rappeler les faits et non pas de donner soi-disant deux avis qui se valent », affirme-t-il. Selon lui, « ce que fait aujourd'hui Xenia Fedorova, c'est de la propagande ». Il ajoute que « faire de la propagande de guerre, c'est contraire au droit international » et qu'« aujourd'hui, CNews est devenue le nouveau Russia Today ».
L'affaire dépasse désormais le cadre français. L'eurodéputée Renew Nathalie Loiseau exhorte les dirigeants des 27 États membres de l' Union européenne à sanctionner Xenia Fedorova.
